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Semences : un plan de filière tourné vers l’agroécologie

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Le plan de filière semences, piloté par le Gnis, confère à la semence « un rôle d’accélérateur de la transition agroécologique », selon son président.

Le Gnis (interprofession des semences et plants) a dévoilé le 12 décembre son plan de filière. Il s’agit d’« innover pour accompagner les filières en transition agroécologique », a déclaré en conférence de presse le président François Desprez. Un axe central qui vise à pousser la sélection génétique vers l’efficience des intrants, la résistance aux maladies et aux ravageurs ; redynamiser la recherche sur les espèces orphelines ; l’accès à toutes les techniques d’amélioration des plantes. L’interprofession réclame « un cadre juridique sécurisé permettant d’utiliser ces techniques, notamment celles qui permettent un gain de temps », a indiqué la directrice générale Catherine Dagorn.

Le Gnis se dote d’un comité des enjeux sociétaux

Deux autres axes ont été mis en avant : répondre aux attentes des citoyens, consommateurs et clients ; et protéger, enrichir, diffuser la biodiversité. Ce plan, d’une trentaine d’actions, marque « un changement de positionnement » du Gnis car le citoyen est mis au premier plan quant à la réponse aux attentes, a souligné Catherine Dagorn. L’interprofession va ainsi mettre en place un comité des enjeux sociétaux, intégrant des associations de consommateurs et des ONG, qui sera chargé d’éclairer son conseil d’administration.

Répondre aux attentes, c’est « apporter de la transparence et faciliter l’accès des utilisateurs à une information consolidée sur l’ensemble des variétés » en termes de caractéristiques, mode d’obtention et mode de propriété intellectuelle, d’après le plan de filière. C’est aussi développer « une sélection adaptée à l’agriculture biologique avec des expérimentations spécifiques au CTPS » (Comité technique permanent de la sélection) », « une offre transparente de semences et plants bio en adéquation avec les attentes » du marché. Les acteurs de la filière ont prévu de se revoir « dans six mois » pour préciser des indicateurs chiffrés, après avoir pris connaissance des autres plans interprofessionnels. Entre 2013 et 2017, les surfaces dédiées à la production de semences biologiques ont bondi de 70 %, passant de 5 000 à 8 600 ha sur les 380 000 ha dédiés à la multiplication en France, a précisé le Gnis.

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Le dernier axe, sur la biodiversité, envisage des évolutions réglementaires permettant un meilleur accès des variétés aux listes C (menacées d’érosion génétique) et D (variétés de niche, marchés locaux) du catalogue, en facilitant la production et la vente de leurs semences. Par ailleurs, le Gnis rappelle son soutien aux collections de ressources génétiques en France et à l’international, à travers une contribution totale de 350 000 euros qui sera renouvelée tous les ans, a indiqué Catherine Dagorn.

La filière semences et plants pèse 3,3 Mrd € de chiffre d’affaires en 2016-2017 (+3 % environ), tiré par les exportations (+7,5 %), avec un excédent commercial record de 960 M€.

La réponse aux attentes des citoyens mise au premier plan

Des évolutions réglementaires pour un meilleur accès des variétés aux listes C (menacées d’érosion génétique) et D (variétés de niche, marchés locaux)