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Semences : vers une autorisation de la vente de mélanges

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La commercialisation de mélanges de semences pourrait bientôt être autorisée, a indiqué le 7 avril le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences et plants) lors de sa Rencontre filière 2016. Très concernée par leur usage, l’agriculture biologique a par ailleurs essuyé des critiques sur la propagation de maladies.

Il s’agit de « transcrire en droit français la réglementation européenne qui autorise la vente de mélanges » d’espèces et de variétés de semences, a indiqué le président de la section céréales à paille et protéagineux Thierry Momont, jugeant « possible » ce feu vert national. Une réunion interprofessionnelle doit plancher sur leur certification le 22 avril, à la demande du ministère de l’Agriculture, a-t-il précisé.

Les mélanges de semences restent « très minoritaires » et « beaucoup plus utilisés en bio qu’en agriculture raisonnée », a-t-il reconnu. Autoriser la vente n’en demeure pas moins un « enjeu fort d’un point de vue signal », compte tenu notamment d'« une demande en hausse ».

Le député Dominique Potier (PS, Meurthe-et-Moselle), président du comité consultatif de gouvernance d’Ecophyto, a souligné l’intérêt des mélanges de semences vis-à-vis du plan de réduction des pesticides. « Je crois beaucoup au mélange de variétés », a-t-il dit. Une piste qui « implique des évolutions réglementaires mais aussi certainement des technologies de tri à la récolte. »

« Je ne suis pas opposé au mélange de semences », a poursuivi Thierry Momont, se disant « conscient que des gens en ont besoin ». Certaines filières ne peuvent toutefois pas les utiliser, d’après lui. « Des mélanges pour nourrir les animaux, ça ne pose pas de problème, a-t-il expliqué. En revanche, l’industrie n’a pas forcément envie d’acheter du blé dur sans savoir ce qu’il y a dedans : la traçabilité a son utilité. »

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La bio pointée du doigt

Citée en exemple pour l’utilisation vertueuse de mélanges de semences, l’agriculture biologique est aussi pointée du doigt. Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer, a évoqué une recrudescence de certaines maladies, à savoir l’ergot et la carie. Aucun lien avec la bio, a rétorqué Jérôme Fillon, responsable de la multiplication de semences chez Centre Bio (Axéréal). Ce que d’autres contestent : « Autant il n’y a pas de corrélation entre le développement du bio et le développement de l’ergot, autant oui, entre bio et carie, il y en a », a lancé Thierry Momont. La source du problème vient, selon lui, des semences de ferme. « La filière des semences certifiées fait ce qu’il faut pour éviter toute contamination », mais elle ne pèse qu’environ 50 % de part de marché. « La moitié des semences (bio) échappe au contrôle, y compris sanitaire, a-t-il dénoncé. Or, la carie se transmet très majoritairement par la semence. » « Un grain carié, ce sont des centaines de milliers de spores qui se répandent dans la nature et peuvent contaminer le champ du voisin. Le législateur doit prendre la mesure du problème. »

Hausse de la demande en mélanges de semence