La première coopérative laitière danoise l’avait annoncé il y a moins de quinze jours : son ambition était de « jouer un rôle majeur dans la consolidation de l’industrie laitière européenne ». Il lui aura fallu moins de deux semaines pour passer aux actes et annoncer mettre dans son escarcelle deux coopératives importantes d’Allemagne et surtout de Grande Bretagne, s’imposant désormais comme un acteur majeur sur ces deux marchés. Une stratégie qui semble judicieuse tant ce secteur est promis à un fort développement mais surtout est dominé par des intervenants tant privés que coopératifs de plus en plus gigantesques et surtout présents sur tous les continents. Un phénomène qui ne se limite d’ailleurs pas au seul secteur laitier, mais touche bien d’autres industries alimentaires. Par delà les économies d’échelle que génèrent ces rapprochements, il y a également un réflexe d’autodéfense indispensable face à la concentration de la distribution. La France dispose certes de quelques géants faisant bonne figure dans les palmarès mondiaux, mais beaucoup de nos industriels ne sont souvent que des champions hexagonaux. Les responsables des organisations professionnelles tant coopératives que privées en sont bien conscients. Dans leurs messages de bienvenue, ils sont unanimes pour demander au nouveau locataire de leur ministère de tutelle, dont vocation industrielle et agricole sont mises sur un pied d’égalité d’œuvrer pour stimuler les structurations d’entreprises et renforcer leurs positions internationales, ne serait-ce que par une mutualisation de leurs moyens. L’exemple d’Aral peut être un coup de semonce salutaire pour passer des vœux pieux aux actes.
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