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Assemblée générale Sénalia accuse - 26 % d'activité en blé sur 2014-15, par manque de qualité

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Le groupe Sénalia, qui exploite les terminaux céréaliers et agro-industriels du port de Rouen, accuse une forte baisse d'activité 2014-15 en blé, suite à une mauvaise qualité de récolte. Lors d'une table ronde à l'AG du 9 janvier, les intervenants ont souligné l'importance grandissante du taux de protéines sur le marché international.

« On a beaucoup de retard d'exécution en blé, avec 934 000 t chargées depuis le début de la campagne, soit - 26 % », a indiqué le directeur général Gilles Kindelberger en assemblée générale le 9 janvier à Paris. La part de fourrager, environ 600 000 t, est élevée par rapport à celle de meunier, d'à peu près 230 000 t. Côté orge, 583 000 t ont été chargées depuis le début de campagne. Une activité soutenue, mais qui ne compense pas celle, timide, en blé. Globalement, Sénalia affiche 1,56 Mt chargées, soit 15 % de retard par rapport aux six premiers mois de la précédente campagne.

« Il faut éviter au maximum de reporter des volumes de blé sur 2015-16 », a insisté Gilles Kindelberger, laissant entendre une rétention chez les agriculteurs pour profiter de meilleurs prix. « Moins les stocks au 30 juin seront élevés, mieux ce sera pour la campagne suivante. »

Déficit d'information

Une table ronde a souligné les efforts à porter sur la qualité. « En cette année d'augmentation des stocks, avec beaucoup de blé un peu partout, on n'a pas le choix : il faut produire de la qualité », a déclaré Thierry Barrois, président de section export au Synacomex (syndicat des exportateurs de céréales). Le repère, dans ce domaine, émane de la demande à l'export, qui absorbe la moitié de la production nationale, soit 18 à 20 Mt vers les pays tiers et l'Union européenne, d'après lui. « Pour nous aujourd'hui, la protéine est le critère dominant », a déclaré Omar Yacoubi, directeur général des Moulins Lahlal. Acheteur traditionnel de blé français, le Marocain s'en est détourné cette année, faute de qualité. « On aurait aimé plus d'info publique », a-t-il confié, citant en parallèle les « crop tours » (tout de plaine) aux Etats-Unis. « Ça nous aurait aidé à incorporer plus de blé français. »

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Les divers intervenants à la table ronde ont pointé la concurrence accrue sur le marché mondial. « Les producteurs (français) doivent avoir conscience qu'on n'est plus les seuls à l'international, a insisté le directeur général de Cérévia Laurent Vittoz. Il faut être vigilant : nos clients ont pris goût à d'(autres) blés. Aucun marché n'est acquis. »

D'un flux « poussé » à un flux « tiré »

Sénalia a fait part d'une grande incertitude sur la suite de la campagne. Le groupe coopératif s'est interrogé sur les leçons à tirer d'autres ports comme La Pallice, Dunkerque, qui bénéficient d'une activité plus soutenue, toujours pour des raisons qualitatives.

« Un des chantiers à ouvrir concernera le dossier des capacités dites privatives, a estimé le président Thierry Dupont. Je rappelle que Sénalia n'a pas vocation à être un silo de stockage, ni un silo de report, mais un silo de transit avec un taux de rotation le plus élevé possible. Il faut adapter ses capacités à l'évolution actuelle des marchés. La récolte 2014 doit nous inciter à modifier nos habitudes et passer d'un flux poussé à un flux tiré. Enfin, une réflexion importante devra être menée sur l'adaptation de notre outil aux contraintes qualitatives des marchés exports. Pour répondre à ces enjeux qualitatifs, doit-on investir chez Sénalia dans le nettoyage, le séchage ? »(JCD)