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Sénalia tiré par une reprise des exportations de céréales en 2017-18

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Le groupe Sénalia, qui exploite les terminaux portuaires céréaliers et agro-industriels à Rouen, a affiché le 11 janvier un chiffre d’affaires de 30,8 M€ (+20 %) sur 2017-18, tiré par des exportations en fort rebond après la récolte catastrophique de l’exercice précédent.

Le millésime « 2018 a été une année de reprise », a indiqué le DG Gilles Kindelberger, lors de l'assemblée générale de Sénalia à Paris. Les tonnages manutentionnés progressent de 22 %, à 5,9 Mt. Ils sont tirés par l’export de céréales, à 2,7 Mt (+49 %), l’activité agro-industrielle atteignant 3,2 Mt (+7 %). « Pour la 2e année consécutive, nos partenariats agro-industriels représentent plus de la moitié de l’activité du groupe », a-t-il souligné. Le résultat net 2017-18 dépasse 1,6 M€.

Un gain économique avec les navettes

Sénalia poursuit le déploiement de ses navettes. Ce flux logistique à destination du port de Rouen permet à des livreurs de s’inscrire dans un programme régulier – les flux sont habituellement variables – d’acheminement de marchandises plurimensuel, par train ou navette fluviale. Sur la partie ferroviaire, cinq coopératives sont impliquées pour 140 000 t réalisées et plus de 170 000 t d’engagements cette année. Les navettes fluviales concernent dix OS (organismes stockeurs) avec 220 000 t réalisées et plus de 400 000 t engagées. « Grâce aux navettes fluviales, on a pu limiter la hausse du prix de la tonne transportée en 2018, conséquence des crues et de la grève SNCF, a signalé Gilles Kindelberger. Ceux qui n’en ont pas profité ont vu leur tarif croître de 6,5 €/t à 17 €/t. Les navettes, bâties sur des contrats de long terme avec les mariniers, n’ont subi que 1 €/t de surcoût. »

Concernant la campagne actuelle, le groupe coopératif déplore « une activité qui s’est ralentie » sur l’export de céréales. Si 900 000 t ont été chargées en juillet et août, le cumul fin décembre plafonne à 1,8 Mt. Sénalia vise 4 Mt exportées fin 2018-19. « Les OS n’ont pas suivi le marché, malgré une demande mondiale bien présente », a taclé en marge de l’AG Gilles Kindelberger, toujours critique envers la rétention des céréales en amont. « Notre message est de dire : vendez régulièrement, la logistique doit être lissée dans le temps pour pallier les aléas de tarifs. »

Le terminal « le plus performant » d’Europe

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Ce démarrage de la campagne Sénalia apparaît en trompe-l’œil : des baisses sur les tarifs de fobbing (chargement) ont été pratiquées sur juillet/août, à 1,50 €/t contre 3,50 €/t en moyenne. Il s’agissait d’anticiper la fermeture du site de Grand-Couronne liée au remplacement des portiques. Les 900 000 t chargées en deux mois représentent bien plus que les 500 à 600 000 t habituelles à cette période. « Avec les nouveaux portiques, Sénalia apparaît comme le terminal le plus performant d’Europe », a souligné Gilles Kindelberger. Si la cadence de chargement est maintenue à 3 000 t/h, un gain de 30 % est obtenu pour le temps à quai des gros bateaux de type Panamax. L’investissement représente 11,5 M€ pour Sénalia, près de 9 M€ pour le port de Rouen.

Les partenariats agro-industriels représentent plus de 50 % de l’activité

Sénalia étend son périmètre d'activité

Lors de l'assemblée générale, le groupe coopératif a rappelé qu'il a étendu son périmètre d'activité en 2018. En octobre, il a repris une activité de commissionnaire de transport, via le rachat de 50 % des parts de la société de transport Magestiv. Par ailleurs, un partenariat lie depuis mai 2018 Sénalia et le groupe coopératif Scael, présent sur le port de Rouen à travers sa filiale Lecureur. Depuis juillet 2018, Sénalia assure la gestion opérationnelle et la direction du silo portuaire de Lecureur. Le président Thierry Dupont a indiqué avoir toujours œuvré « pour un rapprochement des outils coopératifs du port de Rouen. En 2018, 50 % du chemin a été effectué et je ne doute pas que nous arriverons à franchir les 50 % restants ».