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Céréales et logistique Sénalia : un record à l’exportation et toujours des projets

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Au moment même où 200 salariés bloquaient le terminal pétrolier de Pétroplus à Rouen, le 6 janvier, l’union de coopératives Sénalia, basée à Rouen et spécialisée dans la logistique céréalière à l’exportation, annonçait des chiffres records à l’exportation en 2010/2011, de bons résultats pour 2011/2012 et un programme d’investissements de 43 millions d’euros pour les cinq ans à venir.

À Rouen, l’exportation céréalière se porte mieux que le raffinage du pétrole. Sénalia, union de coopératives, basée à Rouen et qui draîne les céréales de toute la Beauce, d’une grande partie de la Picardie et d’une partie de la Champagne, avec des prolongements dans les pays de la Loire et le Nord-Pas-de-Calais, a battu son record d’exportation durant la campagne 2010/2011 (close le 30 juin dernier), a indiqué Laurent Martel, son nouveau directeur général depuis septembre dernier. Le groupe coopératif de logistique céréalière a ainsi expédié 4 716 000 tonnes pour l’exportation. À comparer avec les 4 214 000 tonnes que l’union de coopératives a expédiées en 2009/2010, et avec les 2 480 000 tonnes qu’elle avait expédiées en 2007/08.

Une demande frénétique
Ce record, réalisé avec seulement 500 000 tonnes de capacités de stockage, s’explique par un grand nombre de rotations (environ une dizaine) des silos portuaires, dû à la très forte demande du marché mondial, notamment celui de l’Afrique du Nord, le plus gros débouché de Sénalia. Ces 4,7 millions de tonnes (Mt) ont représenté le chargement de 356 navires, majoritairement vers l’Afrique du Nord, qui représente 74% des volumes chargés par Sénalia. La demande frénétique provient, en 2010/2011 (campagne qui s’est achevée le 30 juin), de la faible récolte de céréales en Russie et en Ukraine.
Sur ce volume de 4,7 Mt, plus de 3,7 ont été du blé de meunerie. « Pour nous, l’exportation n’est pas un marché d’exutoire », mais un segment correspondant à une demande de qualité, que le groupe coopératif logistique cherche à atteindre, a souligné Laurent Martel lors de cette première rencontre d’opérateurs céréaliers de l’année qu’est l’assemblée générale de Sénalia. L’exportation d’orge fourragère a représenté 490 000 tonnes et l’orge de brasserie 213 000 tonnes, principalement pour la Chine.
Pour la campagne 2011/2012 qui a commencé le 1er juillet, les résultats céréaliers s’annoncent bons. Certes en retrait de 13% par rapport à ceux, exceptionnels, de 2010/11, mais au-dessus de la moyenne des campagnes précédentes.

Poursuite de la diversification
Sénalia compte compenser en partie le retrait céréalier par un regain de la logistique d’exportation de sucre, la France ayant davantage de disponibilités à exporter en 2011/12 que la campagne dernière.
La diversification de Sénalia dans la logistique d’exportation du sucre, des oléagineux (graines, huiles, tourteaux, biodiesel), l’éthanol et le cacao, diversification déjà amorcée il y a une quinzaine d’années, se poursuivra avec l’ouverture prochaine d’une usine de production de gluten de blé par Tereos, pour l’exportation d’aliments piscicoles vers le nord de l’Europe. C’est ce qu’a ajouté Michel Héribel, directeur d’exploitation de l’usine de Tereos à Lillebonne.
Outre cette performance, Sénalia continue à avoir des projets d’amélioration de son outil logistique : l’union de coopérative investira 43 millions d’euros sur les cinq prochaines années, en renouvellement de portiques de déchargement de navires et en amélioration des équipements de déchargement des péniches vers les silos, a annoncé son directeur technique, Bruno Stérin.

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