Quelques jours avant le congrès de Coop de France le 20 décembre, son président Michel Prugue – qui ne briguera pas un second mandat – a dénoncé un « faux débat » autour de l’ordonnance qui doit prévoir la séparation de la vente et du conseil des phytos, et dont la parution est attendue dans les mois à venir. Les débats se tendent depuis la présentation de la dernière version de l’ordonnance, qui propose non seulement de séparer le conseil stratégique (annuel), mais également le conseil « à la parcelle » (tout au long de la campagne) de la vente des phytos.
Lors d’une conférence de presse le 11 décembre, le président de Maïsadour a présenté une proposition alternative, en deux temps : d’abord il propose que la « facturation du conseil soit séparée, car on comprend qu’il faille de la lisibilité ». Ensuite il plaide pour « qu’il n’y ait pas de rémunération liée aux produits phytos chez les conseillers ». Cette dernière mesure figure déjà parmi les guides de bonnes pratiques du secteur, assure-t-on chez Coop de France, qui propose qu’elle soit rendue obligatoire. Michel Prugue a également plaidé pour que le conseil stratégique ne soit pas défini comme un conseil annuel, mais qu’il puisse être pluri-annuel : « On ne réfléchit pas son modèle tous les ans ».
Globalement, Coop de France trouve le scénario d’une séparation capitalistique toujours aussi irréaliste : « Vous vous rendez compte du nombre de personnes qu’il faudra sortir des coopératives ? » D’ailleurs, Michel Prugue estime qu'« il n’avait jamais été dit qu’il fallait interdire aux coopératives d’exercer les deux activités, mais qu’une même personne ne devait pas faire les deux. Si vous voulez que les CEPP vivent, il faut que le technico-commercial continue de conseiller ». Pour le président de Maïsadour, « le débat est devenu idéologique ».
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Coop de France note enfin que l’application de la mesure est prévue pour 2022, autrement dit à la fin du mandat de l’actuel président de la République. Mais la fédération ne s’autorise pas à miser sur une annulation de dernière minute : « Au vu des conséquences sur la structure des coopératives, nous ne pouvons pas jouer sur l’idée que cette mesure serait annulée », assure la nouvelle directrice de Coop de France, Valérie Ohannessian.
Coop de France propose « qu’il n’y ait pas de rémunération liée aux produits phytos chez les conseillers »