L’élaboration du plan Ecophyto 2018, chargé de réduire de 50 % les usages des pesticides d’ici 10 ans, progresse. Sept axes sont retenus à l’heure actuelle, selon un document de travail que s’est procuré Agra.
– Axe 1 : évaluer les progrès en matière de diminution de l’usage des pesticides
Le renforcement de la collecte des données est jugée incontournable. Cela passe par la mise en place d’une base de données nationale des ventes « dont la maille sera l’établissement secondaire d’un distributeur agréé », et l’extension d’ici 2013 de l’enquête « pratiques culturales » du SCEES aux filières arboricoles, fruits et légumes, et cultures spécifiques aux DOM. Un dispositif de collecte de données spécifique aux zones non agricoles est également préconisé. Autres volets importants de ce 1 er axe : exploiter les données sur les ventes de pesticides pour suivre annuellement l’usage de ces produits, accompagner l’évolution des pratiques sur le terrain, développer des indicateurs de risques.
– Axe 2 : généraliser les systèmes agricoles économes en pesticides
Sur ce point, l’ensemble des partenaires de la recherche, du développement et du transfert doivent être mobilisés, souligne le plan. La diffusion de la connaissance sur les méthodes « économes en pesticides », et l’amélioration des pratiques actuelles sont les premières actions à mettre en place. Il est recommandé de mettre en place une plate-forme d’expérimentation, de démonstration et de références sur les systèmes de culture « économes en pesticides ». Autres dispositions : faciliter la disponibilité de semences permettant la conduite de systèmes de culture économes en pesticides, améliorer le parc de matériel agricole, développer les solutions alternatives au traitement aérien, cibler les territoires etc.
– Axe 3 : innover dans la mise au point des itinéraires techniques et des systèmes de cultures
Outre le renforcement des partenariats entre la recherche et le développement, le plan appelle à redonner une priorité aux approches agro-écologiques permettant de limiter la pression parasitaire, et de conduire des recherches pluridisciplinaires. Autre piste : réorienter la sélection variétale vers des variétés plus résistantes et identifier les leviers et les freins à la généralisation de la production intégrée.
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– Axe 4 : former à la réduction et à la sécurisation de l’utilisation des pesticides
Il s’agit tout d’abord de réorienter la formation des professionnels vers les production et protection intégrées. Cela passe par le renforcement de la formation des professionnels, l’adaptation des diplômes et formations de la profession agricole ou la professionalisation des métiers de la distribution et du conseil phytosanitaire.
– Axe 5 : renforcer les réseaux de surveillance sur les bio-agresseurs et sur les effets non intentionnels de l’utilisation des pesticides
Sur ce volet, le plan Ecophyto prévoit notamment la mise en place d’un système d’information partagé au niveau national entre les différents acteurs, public et mutualisé.
Les axes 6 et 7 proposent de prendre en compte les spécificités des départements d’outre-mer (DOM) ainsi que de réduire et sécuriser l’usage des produits phytopharmaceutiques en zone non agricole.