Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis le 25 avril à Luxembourg, ont une nouvelle fois mis l’accent sur les dispositions qui permettront à l’agriculture de réellement profiter du règlement proposé par la Commission européenne établissant un cadre de certification relatif aux absorptions de carbone. Ce dossier est entre les mains des ministres de l’Environnement de l’UE qui pourraient finaliser une position commune d’ici la fin juin. Pour de nombreux ministres de l’Agriculture les futures mesures devront être volontaires et surtout inclure la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et non pas seulement les absorptions. Le texte reste à ce stade relativement flou sur le sujet. Les détails du dispositif ne seront connus qu’à l’issue des travaux d’un groupe de 70 experts chargés d’élaborer des méthodes de certification pour les différents types d’activités d’absorption du carbone dont la première réunion s’est tenue le 7 mars.
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Mais, a prévenu Marc Fesneau, le ministre français, ce cadre devra être suffisamment attractif en termes économiques pour susciter une adhésion forte du secteur agricole. Or, « ne pas tenir compte des réductions d’émissions risque de rendre les coûts de certification dissuasifs ». Beaucoup de ministres insistent aussi pour que les efforts entrepris par les agriculteurs "pionniers" dans le domaine depuis plusieurs années soient reconnus. Et nombreux sont ceux qui ont réclamé un cadre de certification simple, ne générant pas de surcharge administrative pour les agriculteurs, sans quoi les plus petites exploitations seront exclues. Plus prudent, le ministre danois a rappelé que beaucoup d’activités d’agriculture bas-carbone avaient « déjà le soutien de la politique agricole commune » et a demandé à la Commission de se montrer vigilante sur les fonds supplémentaires qui pourraient être accordés aux exploitations afin d’éviter tout double financement.