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Gestion des quotas laitiers Sérieux coup de pouce à la capacité de production des éleveurs laitiers

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Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, après avis des organisations agricoles, a décidé de donner un sérieux coup de pouce à la capacité de production des éleveurs laitiers. Une allocation complémentaire laitière de 2 % est accordée par le ministre. Cette mesure viendra s’ajouter aux allocations provisoires consenties par les industriels, entre 0 et 5 % du quota individuel. En clair, toutes les entreprises vont pouvoir attribuer aux producteurs la possibilité de produire jusqu’à 7 % supplémentaire de leur référence. Une décision approuvée par la FNPL et critiquée par les syndicats minoritaires et les écologistes.

«Tant va l’allocation au lait, qu’à la fin… elle casse les éleveurs ! » C’est par la déclinaison de ce fameux proverbe – « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse » – que des élus Europe Ecologie du conseil régional de Bretagne ont fait part de leur opposition au coup de pouce donnée à la capacité de production aux producteurs laitier pour la fin de campagne 2010-2011. La FNPL, elle, approuve. Toutes les entreprises vont pouvoir attribuer aux éleveurs la possibilité de produire jusqu’à 7 % supplémentaire de leur référence même si elles n’ont pas de disponibilité en interne. Dans le détail, une allocation complémentaire laitière de 2 % est accordée par le ministre Bruno Le Maire. Cette mesure viendra s’ajouter aux allocations provisoires consenties par les industriels entre 0 et 5 % du quota individuel. « Cette décision aveugle ne tient pas compte de la volonté des éleveurs qui, à une large majorité, souhaitent une politique de maîtrise des volumes, seul moyen pour obtenir des prix agricoles rémunérateurs à la production », souligne Europe Ecologie Bretagne.

Risque de « détérioration des marchés »

« L’augmentation des volumes va engendrer un effondrement des prix du lait et provoquer la course à l’agrandissement des exploitations, amenant une nouvelle fois, les entreprises agroalimentaires à brader les produits », préviennent les élus d’Europe Ecologie Bretagne. Même crainte du côté de la Confédération paysanne. « Cela risque de détériorer le marché très rapidement avec des conséquences néfastes pour le prix payé aux paysans », souligne le syndicat qui, comme la Coordination rurale, a donné un avis négatif à cette proposition lors du conseil spécialisé lait du 9 décembre.
Le ministre a tranché le 17 décembre en permettant aux éleveurs de produire au delà de leur référence dans une limite de 7%. La FNPL s’en réjouit, accusant la Confédération paysanne et la Coordination rurale, opposées à cette augmentation de la capacité de production, d’être sur une position « dogmatique ». « En cette période de marchés porteurs, il est important de donner la possibilité aux producteurs de bénéficier d’une capacité de production supplémentaire. Les mesures prises par le ministre de l’Agriculture en termes d’allocations provisoires et de remboursement de fin de campagne, sur proposition de la FNPL et contre l’avis, pour des raisons dogmatiques, de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale, vont dans ce sens et doivent être saluées », explique la FNPL. Par contre, pas de changement pour la mesure de remboursement en faveur des petits producteurs, qui est reconduite. Les producteurs dont le quota est inférieur ou égal à 160 000 litres seront exonérés de la taxe fiscale pour dépassement de quota individuel dans la limite de 10 000 litres, a annoncé le ministre.

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