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Crise alimentaire Seules des politiques agricoles nationales peuvent contenir l’instabilité des cours

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Les spécialistes du marché des matières premières agricoles réunis par le CSAAD (Conseil stratégique de l’agriculture et de l’agro-industrie durable) mercredi 28 janvier ont insisté sur la nécessité de soutenir des politiques agricoles volontaristes pour prémunir les pays du tiers-monde contre les crises alimentaires.

Les « émeutes de la faim » de 2008 sont apparues en premier lieu dans les pays les plus dépendants des importations. « Dans ces États il y a eu des politiques “pro-consommateurs” pour fournir une alimentation à bas coup à partir des excédents mondiaux au détriment de la production locale », constate Bernard Bachelier directeur de Farm (Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde). À l’occasion des rencontres publiques du CSAAD (Conseil stratégique de l’agriculture et de l’agro-industrie durable), mercredi 28 janvier, des spécialistes des marchés internationaux ont donc cherché des solutions pour éviter les crises alimentaires dans les pays les plus fragiles.

Soutenir des politiques agricoles dans le tiers-monde

Pour Philippe Chalmin, économiste spécialiste du marché des matières premières, il est très difficile, sinon impossible, de stabiliser à l’échelle internationale les cours des produits agricoles. Selon lui, seul un mécanisme d’action national est envisageable. « Si on veut être pragmatique, il faut mettre au point un système régional de garantie des prix et d’intervention pour dynamiser la production », indique-t-il. « Le défi majeur de l’aide internationale devrait donc être le soutien à la création de politiques agricoles dans les pays du tiers monde », a-t-il conclu.

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Pour lutter contre l’instabilité des prix agricoles, Pierre Jacquet, économiste en chef à l’Agence française de développement (AFD), a témoigné des procédés déjà testés par son organisation. « Il est possible de laisser les prix en créant des fonds de sûreté (dans la mesure où cela n’influence pas les marchés), il existe également des formes de prêts flexibles où les remboursements sont reportés en cas de chute des prix qui sont très efficaces », a-t-il expliqué. « Le problème c’est que la crise financière ne conduit pas à l’optimisme », s’inquiète Pierre Jacquet.