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Financement/Meunerie Malterie Siclaé lance une émission d’obligations convertibles en actions

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Pénalisé par l’amende infligée par l’Autorité de la concurrence au cartel de la farine, et par des activités « qui n’ont pas rencontré la performance souhaitée », Siclaé vient de traverser un trou d’air. Le rachat de NutriXo en décembre dernier a néanmoins donné un nouvel élan à la filière agri-industrielle du groupe coopératif Vivescia qui affiche de nouvelles ambitions pour les cinq ans à venir. L’assemblée générale a donné son feu vert à une nouvelle augmentation de capital de 85 M€ destinée à 50 000 prioritaires. Siclaé est confiant dans sa force stratégique et plaide pour de nouvelles créations de valeurs.

« Nous sommes en état de marche pour viser plus haut et plus loin. Nous sommes ouverts à tout type d’alliances à travers le monde », a déclaré Pascal Prot, président de Vivescia à l’occasion de l’assemblée générale de Siclaé qui se tenait le 25 octobre dernier.
Après une première phase de croissance (2005-2009), le groupe industriel de Champagne-Ardenne, valorisant les productions végétales des 12 000 adhérents de Vivescia, veut tourner la page de sa difficile période de structuration (2009-2013).
Siclaé compte bien ouvrir une nouvelle phase de développement, notamment depuis la prise de contrôle de NutriXo le 11 décembre 2012. « Pour la première fois, on maîtrise à 100% les leviers de toutes nos entreprises. Et on peut renforcer les synergies en parlant d’une seule voix », a souligné Pascal Prot.
Siclaé doit digérer l’amende infligée au cartel de la farine par l’Autorité de la Concurrence. Le groupe a d’ailleurs provisionné 53M€ dans cet objectif. Il a dû par ailleurs fermer des activités qui « n’atteignaient pas la performance souhaitée », a précisé d’autre part Paul Roux, co-gérant et directeur financier et juridique de Vivescia. C’est ainsi que Siclaé a fermé la Grande Minoterie de Marseille qui produisait une gamme de semoules destinées aux industriels du couscous et des pâtes et qui affichait des pertes cumulées de 8,5M€ en 2012. 70% de son activité étaient contractualisés avec Panzani.
Le groupe a également fermé son activité de pains surgelés de son unité de Nivelles en Belgique en juillet 2013 qui ne tournait qu’à 33% de ses capacités. Enfin, Siclaé s’est désengagé de son activité biodiesel. « On a trouvé une solution depuis quelques jours qui permet à Siclaé de quitter ce dossier », a annoncé Paul Roux.
Le groupe avait une participation de 25% dans l’usine Ineos Champlor implantée près de Verdun aux côtés du pétrochimiste anglais Ineos Enterprises Ltd. « Néanmoins, les emplois seront maintenus pour cette activité de trituration de colza », a-t-il précisé.
 
Vers des marchés à plus forte valeur ajoutée
Siclaé veut désormais rebondir. Le maître-mot de Siclaé est la création de valeurs, une stratégie ardemment défendue par Alain Le Floch, directeur général de Vivescia et président de la co-gérance. Le groupe peut s’appuyer en effet sur un certain nombre d’atouts parmi lesquels l’accès aux productions végétales, un territoire vaste et productif et une croissance obligée des marchés alimentaires. « Notre force stratégique s’appuie sur notre positionnement de leader dans chacun de nos métiers, une faible sensibilité aux cycles économiques, notre fort potentiel de progression depuis 2005 et surtout notre actionnariat stable et homogène », a souligné Alain Le Floch.
De fait, la stratégie du groupe repose sur la consolidation de ses positions de leadership, soit seul, soit en association avec des leaders, sur son développement sur les marchés émergents et sur ses efforts menés pour plus d’innovations. « Nous devons porter des solutions nouvelles vers des marchés à plus forte valeur ajoutée », a-t-il expliqué.
Frédéric Duverger, nouveau DG de NutriXo a exprimé la volonté du 2e acteur européen en boulangerie, viennoiserie, pâtisserie-traiteur (BVPT) avec sa marque Délifrance, de capter plus de valeur ajoutée tout en maîtrisant les coups. « Le plan 2013-2018 qu’il a présenté est volontariste, courageux et ambitieux. Il comporte des provisions significatives pour restructurations », a rappelé Paul Roux.
NutriXo a investi 25M€ dans le doublement de la ligne de son unité de Romans sur Isère (Drôme). Cet ancien du groupe Danone arrivé en décembre 2012 chez NutriXo, veut y ramener le coût de la main d’œuvre à moins de 5% du produit. Désormais, il y produit 71 000 croissants/heure, soit environ 500 millions de croissants/an.
 
Cap sur la Russie pour Malteurop
Malteurop s’ouvre un marché prometteur en Russie avec le développement d’une boisson traditionnelle fermentée peu alcoolisée (le Kvas). « On estime le marché à plus de 20 000 tonnes produites à partir de concentrés », a annoncé Daniel Faguer, son directeur général. Malteurop possède un partenariat exclusif avec un institut de recherche russe pour produire ce concentré qui dispense la fabrication du produit final.
Pour lui, Malteurop a trois raisons d’investir en Russie. « Il s’agit d’abord de sécuriser sa position dans ce pays, d’être cohérent avec la stratégie de Siclaé vers plus de valeur ajoutée et surtout de développer une activité proche de ses métiers de base».
C’est ainsi que Malteurop a racheté les actifs du groupe russe Kostroma Extracts implanté au nord de Moscou et qui possède 25% de parts de marché. Cette acquisition prépare le transfert des installations de Malteurop pour la production de malt de seigle fermenté, une fois la modernisation de l’outil industriel terminée.
De son côté, Kalizea, l’activité semoulerie du groupe, vise une diversification de ses marchés vers la production d’ingrédients, « sortant ainsi des marchés de commodités et gagnant plus de valeur ajoutée », a témoigné Xavier Danet, son directeur général. « La recherche–développement travaille sur de nouveaux produits qui devraient sortir d’ici quelques mois », a-t-il précisé tout en rappelant que l’EBITDA/tonne avait cru de 20% par an depuis 5 ans. Le chiffre d’affaires du groupe valorisé aujourd’hui à 476M€ s’établit pour l’exercice clos au 30 juin 2013 à 2,455Md€, le résultat d’exploitation qui tient compte des provisions à 77,6M€ (-7,4%) et le résultat net de l’ensemble consolidé à 6,2M€. L’EBITDA amorce une reprise à 152M€. « NutriXo et Chamtor sont à la peine, Kalizea a dépassé ses objectifs budgétaires et Soliance progresse en activité et en profitabilité », concluait Paul Roux.

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