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Siga a levé 1 million d’euros pour déployer sa méthode

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La start-up Siga, à l’origine d’une méthode scientifique pour classifier les aliments les plus transformés, vient de lever 1 million d’euros auprès de Newfund. Avec son système, Siga peut aider les distributeurs et les industriels à améliorer la qualité de leurs recettes.

La start-up Siga, à l’origine d’une méthode scientifique pour classifier les aliments les plus transformés, vient de lever 1 million d’euros auprès de Newfund. Avec son système, Siga peut aider les distributeurs et les industriels à améliorer la qualité de leurs recettes.

Siga a annoncé le 13 mars 2019 avoir levé 1 million d’euros auprès de BPIfrance et de Newfund, ce dernier prenant à cette occasion "une participation minoritaire au capital", confirme Aris Christodoulou, président et fondateur. Siga, qui se traduit du portugais non seulement par “suis” mais aussi par “avance”, “poursuis” ou “progresse” est né de la difficulté pour Aris Christodoulou lorsqu’il vivait au Brésil d’identifier des aliments de qualité dans les rayons, tout en constatant l’évolution de l’alimentation des Brésiliens. Aidé par des scientifiques, il a donc mis au point une méthode scientifique permettant d’évaluer, et donc d’améliorer, la qualité des aliments vendus dans la grande distribution et fabriqués par les distributeurs.

Plus rigoureuse que la classification brésilienne Nova, dont elle s’inspire, la méthode Siga combine les données légales sur les emballages des aliments (liste d’ingrédients, table nutritionnelle, dénominations légales, etc.) et 400 critères sélectionnés (présence, seuil nutritionnel, procédé industriel, etc.) établis par un comité d’experts scientifiques et techniques. L’ensemble est évalué par un algorithme qui génère la classification Siga. Celle-ci est constituée de 9 groupes, allant de l’aliment non transformé, aux aliments ultra-transformés (AUT) de niveau 3, du plus sain au plus contestable, en fonction de leur degré de transformation. Différentes études tendent à prouver que la consommation excessive d’aliments ultra-transformés a un impact négatif sur la santé (obésité, diabète…).

Une méthode plus fine que Nutri-Score

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L’approche Siga est moins stigmatisante et plus fine que la méthode Nutri-Score qui ne recense que les nutriments : quantité de protéines, acides gras, sucres, vitamines et minéraux. Ainsi avec Nutri-Score, du sucre reste du sucre, qu’il soit naturel ou très raffiné, alors qu’avec Siga, plus un produit est transformé, moins il est bien classé. Ainsi, pour deux desserts lactés à la vanille, tous les deux classés C par le Nutri-Score, l’un apparaîtra au niveau 3 sur 9 de la méthode Siga dans les "aliments transformés équilibrés", et l’autre au niveau 9 dans les "aliments ultra-transformés".

Les outils de classification Siga sont vendus aux distributeurs et aux industriels sur la base d’un abonnement annuel. La start-up intervient pour aider au pilotage de l’offre chez les uns et les autres. "On mixe la performance de Siga et la performance financière du produit. Si un article performe dans les rayons et qu’il est mal noté par Siga, cela permet d’améliorer la recette, s’il n’est ni l’un ni l’autre, il pourra être retiré", explique Aris Christodoulou. Les dirigeants de Franprix à qui les fondateurs ont présenté leur projet dès 2017 ont immédiatement compris la portée de cette méthode. "C’est dans ce cadre que le distributeur a annoncé une évaluation complète de tous ses fournisseurs", ajoute le responsable. Siga compte déjà une quinzaine d’industriels et de distributeurs partenaires pilotes, et 150 industriels alimentent l’outil Siga en renseignant leurs articles gratuitement.

Avec cette levée de fonds, Siga va non seulement accroître son équipe de scientifiques et de nutritionnistes pour enrichir la méthode, mais surtout développer plus largement son offre commerciale sur le marché français. Aris Christodoulou veut également sensibiliser les consommateurs grâce à des outils pédagogiques sur l’importance de bien se nourrir pour être en meilleure santé. Les consommateurs qui ont déjà accès à Siga pour choisir les aliments les moins transformés, via l’application ScanUp depuis septembre, pourront le faire via plusieurs autres applications d’ici la fin de l’année.

Peu disert sur ses objectifs de chiffre d’affaires, Aris Christodoulou indique juste vouloir "le multiplier par deux par rapport à celui réalisé jusqu’à maintenant. L’idée est d’assurer la pérennité de la démarche et d’aller plus loin dans la recherche scientifique", conclut-il.