Les industriels des IAA et les producteurs de lait ont une nouvelle fois exprimé leur mécontentement au sujet du déroulement des négociations commerciales, qui, dans certains cas, n'étaient toujours pas bouclées en dépit de la date légale du 1er mars. Pour l'Ania et la FNPL, il faut que la loi s'applique.
Alors que les négociations commerciales devaient s’achever le 1er mars à minuit, l’Ania a déploré le 3 mars que les discussions « se poursuivent pour des nombreuses entreprises agroalimentaires. » La Feef, de son côté, a constaté le 2 mars que « la signature avec les PME s’est faite plus tardivement et inégalement, contrairement aux années précédentes. » La FNPL, qui représente les producteurs de lait, déplore que les échanges avec les acheteurs aient donné lieu à « un jeu de poker menteur. » Le mécontentement est de mise, car comme les années précédentes, « les négociations restent guidées par la guerre des prix », selon Dominique Amirault, président de la Feef, même si le syndicat représentant les PME note une « tendance au discernement dans les enseignes. »
L’Ania se fait plus précise dans ses constats puisque « la demande de baisse de tarif reste générale, excessive et déconnectée de la réalité économique du secteur » note-t-elle. Plus grave : « la loi n’est pas respectée par la grande distribution » et l'Ania demande à « l’administration de renforcer sa vigilance. » Une exigence qui est dans la droite ligne de ce qu’avait demandé le ministère de l’Agriculture fin 2016, notamment une poursuite des contrôles de la DGCCRF (Agra Alimentation du 5 janvier 2017). Les producteurs de lait, par la voie de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, ont demandé le 6 mars dans un courrier au Premier ministre de « diligenter rapidement une enquête sur l’application de la loi Sapin 2 ». Celle-ci doit être appliquée en bonne et due forme et les fraudeurs doivent être sanctionnés, estime la FNPL.
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Du côté des industriels, Christophe Bonduelle s'est montré mitigé. « Satisfait ? je n’irai pas jusque-là » a-t-il répondu le 2 mars, interrogé à propos du déroulement des négociations commerciales avec la grande distribution, censées s’achever le 28 février. « Nous demandons des hausses de prix et la loi oblige à signer avant le 1er mars », a-t-il rappelé. « Mais tout n’est pas signé », a-t-il poursuivi. En 2015, en raison de mauvaises conditions de marché, le groupe avait décidé de réduire ses volumes sur le segment des MDD pour privilégier ses marques propres, à meilleure rentabilité.