Ce n’est pas encore la déprime, mais cela pourrait y ressembler, les ventes de produits alimentaires dans les grandes surfaces ont stagné en volume au premier trimestre 2008, la baisse étant tout juste évitée grâce à la bonne tenue du hard discount.
En hypers et supermarchés, selon les derniers chiffres d’IRI France, les ventes des rayons alimentaires ont commencé à décrocher en janvier et février, de 0,6 point d’abord en volume, puis de 0,7 point, ce qui contrastait déjà avec un mois de décembre encore légèrement positif (+0,1 %) et puis le mois de mars a amorcé le début de la glissade (-1,8 %) qui a pris fin avril des proportions telles qu’on n’en avait jamais observé (- 4,1 %). Olivier Géradon de Véra souligne qu’à ce rythme c’est « l’équivalent de deux produits en moins dans le caddie mensuel ». A ce niveau, le vice-président de la société d’études estime que « le hard discount ne peut même plus compenser la baisse. Et que la baisse de consommation affecte deux tiers des catégories et les trois quarts des grands groupes industriels ».
Effet météo ?
IRI explique ces évolutions en partie par la météo maussade puisque en volume, c’est le rayon des liquides qui accuse la plus forte chute, de -7,2 % en chiffre d’affaires et de -10,7 % en volume ; de même les glaces perdent 3,7 % en volume alors que les ventes d’épicerie, elles, sont seulement stables (+5,9 % en valeur).
Sur l’ensemble du quadrimestre, l’effet de cumul ne laisse pas d’être pour le moins préoccupant puisque les volumes se situent à -1,2 % globalement pour l’alimentaire, dont -2,4 % pour le rayon DPH, -1,4 % au rayon épicerie (affecté par les plus fortes hausses de prix) et -1 % au rayon liquides.
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L’inflation ralentit
Sur le front des prix, dans le même temps, l’inflation commence à faiblir mais de façon à peine perceptible. Les prix sont restés à un niveau élevé (+5,3 % en mars par rapport au même mois de l’année passée), un rythme qui tendrait à se ralentir ensuite (+4,8 % en avril).
Le rythme d’inflation à un an continue donc de frôler la barre des +5 % et reste, en avril, à un niveau très proche de celui observé en mars. Elle demeure un peu plus forte en super qu’en hypermarchés (respectivement +5,1 et +4,8 %). La hausse des prix est plus soutenue sur les premiers prix (+7,2 %) que sur les MDD (+5,2 %) et les marques nationales (+4,6 %) et la situation reste très hétérogène selon les familles de produits (de 0 % pour la lessive à +15 % pour les féculents et les beurres/œufs/lait).
Mais à un mois, l’inflation tend à ralentir (+0,16 % seulement en avril contre +0,63 % en février), mais cela ne signifie bien sûr pas qu’ils vont se mettre à baisser !