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Intempéries dans le Sud-Ouest S’il avait seulement fait un peu de soleil

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Le printemps pourri met les céréales d’été en grand danger dans le sud-ouest de la France. Les maïs sont loin d’être tous semés et les cultures sont sous la pression des maladies.

Un peu de soleil la semaine passée, en lieu et place du déluge et des inondations aurait peut-être permis de sauver l’année dans le Sud-Ouest. Las, il faudra donc en passer par une très mauvaise année aux champs. La pluie survenue tout au long du printemps a surtout empêché les semis de maïs, notamment, de se dérouler dans de bonnes conditions, quand ils ont pu se dérouler. La situation la plus difficile est sans conteste celle des Pyrénées-Atlantiques. « Avant l’épisode pluvieux du début de semaine nous étions à environ 60 % de semis réalisés, le week-end ensoleillé ayant permis dans certaines zones d’atteindre peut-être 80 % d’emblavements réalisés. Mais là, avec ce qui est tombé on a reculé » , prévient Patrice Mahieu, agronome de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques. Dans les Landes, le son de cloche est sensiblement le même dans le sud du département. « Nous avons bien avancé grâce aux quelques jours de soleil, pour atteindre probablement 80 % dans les terres les moins avancées, alors qu’on était à 50 % voici 10 jours, mais l’eau tombée en début de semaine complique la donne. Les bas fonds sont inondés, les nappes sont à fleur de sol », détaille Pierre Costadère, responsable du conseil aux entreprises de la Chambre d’agriculture des Landes. Dans le Gers, il ne manque que 5 % des parcelles mais Didier Metayer, conseiller grandes cultures, prévient : « Nous aurons des problèmes de qualité. Les conditions du printemps sont du pain béni pour le mildiou sur tournesol, quand aux maïs semés, les traitements fongicides ont été réalisés quand c’était possible, pas forcément au moment stratégiquement adéquat pour enrayer les attaques, notamment de fusariose. »

Variétés précoces

Car c’est bien la leçon à retenir, semer ne garantissait pas cette année de faire une récolte intéressante, par excès d’humidité, manque de chaleur, de luminosité… « Nous resterons sur une année moyenne à moyenne moins », ajoute le technicien gersois. « Au pire, s’il se met à faire beau ou pourra encore semer quelques jours d’ici fin juin, mais économiquement, les producteurs vont se poser la question car la récolte, s’il y en a une sur ces parcelles, ne couvrira pas forcément les frais de mises en place », ajoute Patrice Mahieu. Le recours à des variétés précoces a été assez massif, et les remplacements de semences très nombreux chez les fournisseurs, confirme Pierre Costarède, avec des inconnues. « Comment se comporteront chez nous ces variétés à cycle court prévue pour le nord de la France ? », s’interroge-t-il ajoutant que le département des Landes est déjà sur une « base critique en termes de potentiel de production ». Dans tous les départements, en tout cas, on réfléchi déjà amplement aux demandes de dérogations pour que les exploitations puissent percevoir les DPU quand bien même les terres restent nues cet été, ou à l’entrée en lice des jachères pour combler les déficits fourragers. La situation des éleveurs, empêchés de faire les foins et de faire monter les troupeaux en estive à cause de la neige, est déjà critique dans le piémont pyrénéen.

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