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PLATS CUISINÉS/STRATÉGIE Sill accoît ses capacités en plats cuisinés

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Le groupe breton Sill vient de réaliser un objectif stratégique pour sa filiale dédiée aux plats cuisinés surgelés, Primel Gastronomie. Objectif : croître d'au moins 30 % à moyen terme en développant les segments de la restauration commerciale et l'exportation.

Pour ses vingt ans au sein du groupe Sill (Plouvien, Finistère), Primel Gastronomie, groupe familial à dominante laitière, vient de se payer une extension majeure pour accélérer sa croissance sur le segment des plats cuisinés surgelés. Cette société a investi 8 millions d'euros pour porter la superficie de son site principal, Plougasnou, de 16 000 à 19 000 mètres carrés, avec une nouvelle ligne de fabrication de barquettes individuelles et familiales qui s'ajoute aux trois autres. L'accroissement de ce site repris en 1995 par Sill à la suite de son placement en redressement judiciaire s'inscrit dans le cadre d'une croissance soutenue de Primel Gastronomie. L'entreprise qui compte une usine à Plougasnou, l'autre à Plabennec (320 collaborateurs) a vu son chiffre d'affaires gagner 5 à 6 % l'an passé, à 85 millions d'euros. Une bonne performance « sur un marché des plats cuisinés surgelés en baisse de 2 % en France à la suite de l'affaire des lasagnes à la viande de cheval », précise Gurvan Falc'hun, directeur général. Au vu des ventes du premier trimestre (+ 10 %), le chiffre d'affaires de l'entreprise devrait atteindre 90 millions d'euros en fin d'année.

Pour le dirigeant, ces résultats ne doivent rien au hasard. « Nous fabriquons des produits marqués par notre territoire de la Bretagne », dit-il. Des références (plus de 1 000) où les produits de la mer, tous certifiés MSC (Marine Stewardship Council) sont légion sous forme de feuilletés ou cassolettes, spécialités du site de Plabennec (5 000 tonnes par an). L'usine de Plougasnou, fer de lance de la gamme de plats cuisinés « cœur de repas » (viande, poisson, légumes et sauce) suit la même courbe de progression, avec une production de 20 000 tonnes l'an passé. Des ventes réalisées pour l'essentiel dans les moyennes surfaces spécialisées de type freezer-center. Primel Gastronomie est en revanche moins présent en grande distribution où prévaut la concurrence prix. 90 % de son activité sont réalisés en marques de distributeurs, le reste à sa marque Compagnie Arctique. Les deux sites industriels de Primel Gastronomie sont certifiés IFS version 6, Bio, MSC. Celui de Plougasnou s'est engagé dans la démarche Iso 50 001 de management de l'énergie. Pour le moyen terme, Gurvan Falc'hun évoque un objectif de « chiffre d'affaires de 100 millions à trois ans et 27-28 000 tonnes d'ici trois à cinq ans ». Cette croissance ne viendra pas seulement de ses marchés traditionnels. La société compte développer ses ventes en restauration commerciale où elle ne réalise que 5 à 6 % de son chiffre d'affaires actuellement, et à l'export (8 % aujourd'hui). Elle veut également récolter les fruits des synergies mises en place avec Saveurs Cristal (Rueil-Malmaison et un site de production en Ille-et-Vilaine), société spécialisée dans la production d'apéritifs et cocktails dinatoires en salé et sucré qu'elle a rachetée il y a deux ans. L'activité de cette société constitue un précieux complément de gamme pour Primel, qui vise les 7 millions d'euros cette année pour Saveurs Cristal, (qui viendront s'ajouter aux 90 millions escomptés pour Primel) et 16 millions en 2018, contre 2,4 millions à la reprise. 

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SILL TOUJOURS SANS TOUR DE SÉCHAGE

Le groupe Sill basé dans le nord du Finistère (Plouvien) a réalisé un chiffre d'affaires de 411 millions d'euros en 2014. Le lait est toujours dominant avec 60 % des ventes, suivi par Primel Gastronomie (25 % du CA) et les activités dans les jus de fruits (marque Plein Fruit) et les potages (La Potagère), pour 15 % au total. Le groupe réalise 35 % de ses ventes hors de France. Dans l'univers laitier, le groupe Sill exploite depuis de nombreuses années la société Le Gall (Quimper), bien connue en Bretagne pour ses beurres et crèmes en conventionnel et en bio. Il pilote aussi la laiterie de Saint-Malo en ultra-frais (marque Malo), ainsi que la société le Petit Basque, racheté en 2014. Comme d'autres, Sill cherche à valoriser au mieux le lait de ses livreurs. Depuis plusieurs mois, il rencontre néanmoins des difficultés sur un dossier majeur, le séchage du lait. Son projet de tour (budget à 60 millions d'euros pour 20 000 tonnes de capacité) a d'abord été contrecarré par la loi littorale qui s'appliquait à la commune de Plouvien, puis par le plan local d'urbanisme qu'il faut réviser. Gilles Falc'hun, p-.d.g. de Sill étudie actuellement deux autres sites de substitution, l'un à Brest, l'autre dans une commune voisine. La décision sera prise d'ici à la fin du mois. Un retard fâcheux, car la plupart des opérateurs ont investi dans leur tour et certains ont déjà commencé à proposer leurs ingrédients secs au marché mondial, notamment en Chine.