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Confiserie Silvain lance la filière Paysan Nougatier

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En créant la charte filière Paysan Nougatier, les nougats Silvain lancent un mouvement national pour sécuriser les approvisionnements en miel et en amandes issus des terroirs français.

Le transformateur, les Nougats Silvain (1,25 million d’euros de chiffre d’affaires en 2016) à Saint-Didier (Vaucluse), lance une charte de qualité sur le miel et les amandes. Cette démarche se donne pour mission de valoriser l’amont et de sécuriser les investissements des producteurs d’amandes français, trop rares pour répondre à la demande des transformateurs. Et de soutenir la production française de miel qui diminue malgré l’engouement pour les produits label rouge et IGP.

Cette charte engage les producteurs à ne fournir que du miel et des amandes français, permet aux transformateurs de vérifier les pratiques culturales respectueuses de l’environnement et d’élevage des producteurs, assure une traçabilité de la parcelle et du fut de miel jusqu’au point de vente, interdit tout arôme et conservateur artificiel ainsi que l’huile de palme, et enfin impose une transformation artisanale.

Les fournisseurs adhèrent à la démarche

Les Nougats Silvain, à l’origine de la démarche, viennent de déposer la marque Filière Paysan Nougatier à l’INPI. « Nous avons lancé ce mouvement il y a 6 mois et déjà 5 de nos fournisseurs y ont adhéré, assure Claire Silvain, une des associées de l’entreprise. Notre démarche à peine lancée a suscité l’intérêt de plusieurs transformateurs à travers la France, de Nancy à Nantes. Cet élan nous amène aujourd’hui à travailler sur des aménagements juridiques de notre charte pour l’ouvrir à l’ensemble des transformateurs qui souhaitent y adhérer. Nous avons un intérêt commun, celui de relancer la filière amande et de développer des contrats durables avec les apiculteurs. Les terroirs propices aux amandes de Provence, du Languedoc, du Roussillon et de Corse sont très importants, mais malheureusement sous-exploités par le manque de perspectives pour les producteurs. »

Selon Claire Silvain, « les Nougats Silvain montrent l’exemple » puisqu’ils ont commencé à utiliser la nouvelle marque sur leurs produits. Et veulent aller plus loin dans la collaboration avec leurs fournisseurs : « Nous permettons aussi à nos fournisseurs signataires de la charte d’entrer au capital de Créamandes, la holding familiale qui contrôle les nougats Silvain », explique Claire Silvain.

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Cette démarche s’inscrit en droite ligne de la reprise en main depuis 2015 par Pierre Silvain, co-fondateur de l’entreprise, aujourd’hui à la retraite, du GIPA (Groupement interrégional de production d’amandes), structure quadragénaire alors en sommeil.

La France trop dépendante des importations américaines

La France consomme 36 000 tonnes d’amandes et couvre ses besoins à hauteur de 0,5 %. Près de 80 % de la production mondiale viennent de Californie avec des méthodes culturales à très haut rendement de 3 à 4 tonnes à l’hectare en décroissance en raison de la dégradation de la fertilité des sols et des ressources hydriques.

L’opération reçoit le soutien des chambres de métiers ainsi que de l’agriculture locale et du Syndicat des apiculteurs de Vaucluse. Depuis le début de l’année, la Friaa (Aria Paca) a accompagné les Nougats Silvain sur plusieurs salons, ce qui leur a permis de faire connaître leurs produits et de médiatiser la démarche.

Sans se concerter, le lycée professionnel agricole de Saint-Rémy-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône a décidé de planter pour janvier 2019, un champ d’amandiers pour former ses élèves en bac pro. La filière amont dispose désormais d’outils pour reconstituer son potentiel de production.