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Similis in vitro : Londres vise une autorisation d’ici deux ans

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Les autorités sanitaires britanniques se sont engagées à évaluer au moins deux produits issus de l’agriculture cellulaire en vue d’une commercialisation d’ici deux ans. Un programme critiqué pour l’implication des entreprises, synonyme de risque de conflits d’intérêts.

La FSA (agence sanitaire britannique) a annoncé le 10 mars les huit lauréats (1) de son programme d’évaluation des produits d’agriculture cellulaire (CCP, pour Cell-Cultivated Products). D’après un communiqué, « l’agence s’engage à réaliser l’évaluation complète de la sécurité de deux CCP au cours des deux prochaines années », préalable à une commercialisation. Le Royaume-Uni pourrait rapidement rejoindre Singapour et les États-Unis, les seuls à avoir autorisé la commercialisation de viande in vitro. Les aliments concernés outre-Manche : du sucre, de la viande et des produits laitiers, produits à partir de cellules prélevées sur des animaux ou plantes, puis cultivées dans des bioréacteurs. Le programme bénéficie d’un financement de 1,6 M£, indique sur LinkedIn Nicolas Morin-Forest, p.-d.g. de Gourmey (immitation de foie gras), l’une des entreprises sélectionnées.

Au-delà de l’évaluation sanitaire, le programme fournira des lignes directrices aux autorités, afin « d’évaluer plus efficacement les demandes de création de CCP et de s’assurer qu’ils sont sûrs avant d’être vendus aux consommateurs ». Selon un article de BBC News, ce projet a été lancé à la demande des entreprises qui se disent pénalisées par un processus d’autorisation plus long qu’ailleurs.

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« De la régulation pro-innovation »

Ce programme sera mené par « une équipe de scientifiques et d’experts en réglementation », « en collaboration avec des organismes universitaires, l’industrie des CCP et des organisations commerciales ». Une implication des entreprises qui soulève des critiques, d’après BBC News : « Les sociétés qui aident la FSA à élaborer ces réglementations sont celles qui sont le plus à même de bénéficier d’une dérégulation, pointe Pat Thomas, directrice de l’association Beyond GM. S’il s’agissait de n’importe quel autre type d’aliment, nous serions tous scandalisés. »

Interrogé par le média public, le scientifique en chef de la FSA, Robin May, se défend : « Nous travaillons très étroitement avec les entreprises concernées et les groupes universitaires pour élaborer ensemble une structure réglementaire qui leur soit favorable, mais qui garantisse à tout prix que la sécurité de ces produits reste aussi élevée que possible ». « Ce n’est pas de la dérégulation, c’est de la régulation pro-innovation », appuie de son côté Patrick Vallance, le ministre britannique à la Science. « C’est une distinction importante, car nous essayons d’aligner la réglementation sur les besoins de l’innovation et de réduire une partie de la bureaucratie. »

Les aliments concernés : du sucre, de la viande et des produits laitiers