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Siva Industrie met au point une solution pour éliminer la mouche du fruit

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La solution de Siva permettra la reprise des exportations de mangues vers l'Europe. Crédits : © Siva Industrie

La société réunionnaise Siva Industrie veut lever 3 M€ pour construire une usine pilote capable de traiter les mangues, et plus généralement les fruits tropicaux, contre la mouche grâce à sa technique à base de vapeur d’eau. L’outil permettra de relancer les exportations vers l’Union européenne.

Pour les cultivateurs de mangues de l’île de la Réunion, l’enjeu est de taille : pourvoir exporter vers l’Union européenne qui exige que les fruits qui entrent sur son territoire soient débarrassés de la mouche du fruit, afin que cette dernière ne colonise pas le Vieux-Continent. Car, depuis 2019, l’Union européenne considère que les mangues et d’autres fruits en provenance de la Réunion peuvent être porteur de la mouche. Ils doivent donc être traités avant de quitter l’île. Mais la Réunion ne dispose pas des équipements adaptés.

« Nous avons bénéficié de l’appui des pouvoirs publics locaux pour lancer notre projet et mettre sur pied un premier site pilote », explique Siva Grondein, fondateur et président de Siva Industrie. La technologie mise au point par la société consiste en un traitement des fruits après leur récole grâce à la vapeur d’eau, sans ajout d’aucun autre produit. « Nous jouons sur plusieurs paramètres parmi lesquels la température et le temps de traitement, qui sont modulés en fonction de la variété, la taille et le niveau de maturation de la mangue », poursuit Siva Grondein, sans altérer le fruit, son aspect ou son goût.

Cette solution est économe en eau et en énergie, et ne fait pas appel aux produits phytosanitaires, ce qui la différencie des solutions alternatives qui consistent à tremper les fruits dans des bains d’eau chaude, à utiliser des produits phytosanitaires en plein champs ou à exposer les fruits à un gaz, le bromure de méthyle.

Un investissement de 5 millions d'euros

Alors que la technologie est au point et que les autorités sanitaires européennes reconnaissent cette solution comme efficace, Siva Grondein doit maintenant passer à l’étape suivante. « Nous voulons construire une usine pilote, capable de traiter jusqu’à 10 tonnes de fruits par jour, pour un coût d’investissement de 5 millions d’euros », explique-t-il. Le site en projet pourra aussi transformer sur place les fruits écartés du tri en raison de leur aspect visuel, de leur taille ou de leur stade de maturité. Ce projet nécessite de mobiliser entre 500 K€ et 2 M€ à l’occasion d’une levée de fonds dont le bouclage est espéré au premier trimestre 2023. Ce montant sera complété par des subventions et des emprunts bancaires. C’est pour cela que Siva Grondein s’est rendu début décembre à Paris, où son projet a obtenu le Prix du public à l’occasion de la finale du concours French Tech Rise, et qu’il a pu rencontrer plusieurs investisseurs.

Lorsque le site sera opérationnel, soit fin 2024, les agriculteurs de la Réunion pourront reprendre leurs expéditions de mangues, mais aussi d’autres fruits tropicaux. « Notre technologie est efficace pour les litchis, les ananas, les fruits de la passion, les fruits du dragon, les agrumes et beaucoup d’autres végétaux : le potentiel est très important », ajoute le dirigeant. Surtout que face au déclin de la canne à sucre, de plus en plus de cultivateurs se mettent aux fruits d’exportation, et que la liste des espèces végétales touchées par la mouche ne cesse de s’allonger.

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