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Sival : la filière fruits et légumes compte sur la technologie pour relancer un secteur en difficulté

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Elle fait moins parler d’elle que les filières animales, mais la filière des fruits et légumes frais connaît aussi des difficultés. Les professionnels du secteur tenaient à le faire savoir à l’occasion de la 31e édition du Sival. Heureusement, les évolutions techniques peuvent apporter des solutions.

« Quand les surfaces agricoles se réduisent et qu’il est nécessaire de produire plus, des petits génies trouvent des solutions ». Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, résumait ainsi tout l’enjeu des progrès technologiques pour soutenir la production de fruits et légumes, à l’occasion du Sival (salon international des techniques de productions végétales) dont la 31e édition se tenait du 17 au 19 janvier à Angers. Cette année, le Sival faisait le « focus sur la robotique et le machinisme connecté au service des filières », a expliqué son président Bruno Dupont, à l’inauguration du salon le 17 janvier. Car l’objectif, selon Christiane Lambert, est bien d’en finir avec « la vision nostalgique de l’agriculture » et de trouver des solutions pour « résoudre l’équation impossible » du « produire plus, mieux et avec moins ».

Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France, a profité de l’événement pour tirer la sonnette d’alarme : entre 2005 et 2015, la France a perdu 6 % de ses terres agricoles, affirme-t-il. En maraîchage, ce sont 19 % des surfaces cultivées qui ont disparu. Christiane Lambert, elle aussi a présenté des chiffres alarmistes ; ce qu’elle appelle « le terrible 4 fois 7 » : 7 % d’augmentation des importations en fruits frais, légumes frais, viticulture et produits transformés.

Si « la France régresse » selon elle, c’est notamment à cause des problématiques liées à l’emploi et à l’environnement. En maraîchage et en arboriculture, le coût de la main-d’œuvre représente 40 à 60 % du coût de revient. En France, rappelle Jacques Rouchaussé, la main-d’œuvre coûte 13,50 € de l’heure, quand elle coûte 8,50 € en Allemagne et 2,50 € en Pologne. Le constat est le même quant à la réglementation environnementale. Les autorisations de mise en marché pour les produits phytosanitaires divergent en fonction des États membres. « La France doit avoir une approche plus pragmatique », estime la vice-présidente de la FNSEA. Car les fruits et légumes constituent « le secteur où il y a le plus d’impasses techniques ». Dans ces conditions, « les industriels se tournent vers l’étranger », observe-t-elle, citant en exemple ceux qui vont en Belgique plutôt que de se fournir chez les producteurs du nord de la France.

L’innovation comme solution

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Les professionnels comptent sur les entreprises et start-up créatives pour leur apporter des solutions. Le Sival leur redonne espoir. Car cette année encore, les innovations étaient nombreuses. Le nombre de mètres carrés du Sival a encore augmenté, de 300 mètres carrés pour atteindre quasiment 15 000 mètres carrés, s’est félicité Christophe Béchu, maire d’Angers et président d’Angers Loire Métropole. 23 000 visiteurs ont foulé les allées du salon lors de cette édition (+4 % par rapport à 2015). « On est confrontés presque à une crise de croissance ! » avec des exposants toujours plus nombreux, plus innovants (drones, robots, capteurs…) et plus internationaux (22 nationalités représentées). C’est leur travail et investissement dans ce type de salon qui permet de donner une image moderne à l’agriculture, estiment les professionnels des fruits et légumes. Pour Jacques Rouchaussé, il faut continuer sur cette voie. Les politiques ne doivent pas entraver le progrès : « Libérons les énergies innovantes ! » demande-t-il simplement.

Les innovations technologiques pour « résoudre l’équation impossible » du « produire plus, mieux et avec moins »

Signature d’un premier partenariat régional entre Interfel et Pays de la Loire

La région Pays de la Loire a signé le premier accord régional de partenariat avec l’interprofession des fruits et légumes frais Interfel le 18 janvier au Sival. Cette signature fait de Pays de la Loire la première région des quatre « locomotives » que souhaite mettre en action Bruno Dupont, président d’Interfel. Lorsque les quatre premières régions (des discussions sont en cours avec Auvergne Rhône-Alpes) auront signé, Bruno Dupont espère voir le mouvement s’étendre aux treize régions. Concrètement, l’accord vise à mobiliser « les compétences et le savoir-faire interprofessionnels » au service de projets régionaux. Par exemple le soutien à la mise en œuvre du programme « un fruit à la récré » ou le développement de la consommation de fruits et légumes locaux dans les établissements publics et restaurants d’entreprise. Les projets communs pourraient être financés dans le cadre des Projets alimentaires territoriaux ou des contrats de ruralité notamment.