Le Sival 2016, salon des techniques du végétal (hors grandes cultures), a montré que les solutions naturelles (sans intrants chimiques) sont plus que jamais une réalité économique et commerciale. Cette branche émergente de l’agrofourniture contribue à alimenter la hausse de fréquentation de ce salon, qui a enregistré 22 000 entrées pour ses trente ans, un record.
La trentième édition du Sival d’Angers, qui s’est tenue du 12 au 14 janvier, a révélé l’intérêt des organisateurs et l’engouement des visiteurs pour les solutions naturelles de traitement des plantes légumières, fruitières, viticoles, horticoles, cidricoles et semencières. Cet intérêt n’est plus limité à des conférences académiques de chercheurs sur le sujet. Il est traité aussi par des PME qui proposent des solutions et des produits naturels, et quand les chercheurs interviennent, c’est en dialoguant avec les agriculteurs et les entreprises.
Dominique Potier : un « développement exponentiel » des solutions agroécologiques
De nombreuses conférences ont illustré l’interpénétration entre les présentations scientifiques et les témoignages du terrain. Le « forum », série de mini-conférences d’une demi-heure se succédant en continu, a battu un record avec de 700 auditeurs (contre 490 en 2015) « et un intérêt croissant pour les témoignages et retours d’expérience », ont indiqué les organisateurs du salon le 14 janvier à la fermeture. Le Sival comptabilise également « une progression » des participations aux conférences avec notamment 150 participants au symposium de Vegepolys (le pôle de compétitivité angevin spécialisé dans les technologies du végétal), 120 pour la conférence Écophyto, 230 pour les conférences « bio ».
Les solutions naturelles entrent dans la vie économique. Dominique Potier, député PS de Meurthe et Moselle, agriculteur et auteur du rapport à mi-parcours d’Écophyto, a déclaré à Agra Presse, à l’issue de sa visite du Sival, « qu’on a l’impression d’un développement exponentiel » des solutions agroécologiques. « Aujourd’hui, il n’existe plus un fabricant de produits d’agrofourniture qui ne mette en avant des solutions agroécologiques. Ce n’est pas du green-washing, c’est une révolution culturelle qui touche les agriculteurs. On constate une accélération du changement », a témoigné Dominique Potier.
Des solutions naturelles à la robotique, le Sival 2016 a primé, entre autres innovations, un chariot-robot, créé et développé par une PME de dix membres, Effidence, qui suit une personne (l’agriculteur ou l’ouvrier agricole) simplement après avoir repéré ses jambes. Sur ordre de la personne, le robot peut aller porter un chargement, par exemple de raisin ou de tomates, jusqu’au bout du rang, sans percuter les plants ni les piquets.
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Xavier Beulin appelle à une « vraie capacité d’intervention » pour l’investissement
Saluant la 30e édition du Sival, le salon des techniques de productions végétales, un « carrefour de solutions innovantes », qui a ouvert ses portes le 12 janvier à Angers, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a appelé à une « vraie capacité d’intervention » pour l’investissement au niveau national. Les initiatives d’investissement sont soutenues par les régions mais, souvent concurrentes entre elles, elles masquent l’absence de cohérence nationale, a-t-il exposé. « J’appelle à une mise en cohérence de tous les soutiens à l’investissement », a-t-il déclaré, souhaitant « qu’une impulsion soit donnée par l’État », comme le font les pays voisins. De nombreuses PME pourraient avoir ainsi un ballon d’oxygène. « Si Stéphane Le Foll veut donner un sens à l’agro-écologie, c’est l’occasion ». La politique d’investissement, qui est un mélange d’avances remboursables et de subventions à travers BPI-France, est maintenant répandue dans les secteurs à fort contenu d’innovation, comme le véhicule du futur, les batteries à forte capacité de stockage d’électricité, etc. Xavier Beulin estime que de tels programmes pourraient exister pour un secteur comme celui des fruits et légumes.