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IAA/Innovation Six entreprises agroalimentaires sur dix innovent

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« Barquette de purée de fruits surgelés, faux-filet de boeuf micro-ondable, gaufrette de légumes, sont autant de produits dont le point commun est d'être le fruit du processus d'innovation des industries agroalimentaires ». Tel est le constat dressé par Christophe Lesieur, du Bureau des statistiques sur les industries agricoles, dans une étude publiée sur le site du ministère. Elles sont tenues de s’adapter en permanence aux évolutions de la demande. Pour cette raison, elles innovent davantage que les autres industries « tant sur le contenu que sur le contenant ».

Sur les années 2006-2008, l'innovation dans l’organisation marque le pas dans les industries agroalimentaires de 20 salariés et plus. 40 % d'entreprises innovent dans ce domaine contre 43 % sur la période 2004-2006. Un secteur se distingue, celui de la transformation et conservation des fruits et légumes où la moitié (51 %) des entreprises de plus de 10 salariés a mis en place des modes de fonctionnement novateurs. De son côté, l'innovation de marketing ne progresse plus, restant stable à un taux de 35 % d'entreprises innovantes de 2006 à 2008. Ce pourcentage reste largement plus élevé que celui des autres industries manufacturières (19 %). Cette particularité de l'innovation agroalimentaire est en effet très répandue dans la fabrication de boissons (48 %) ou de la transformation et conservation du poisson (45 %). L'innovation agroalimentaire s'est, par contre, étendue sur les produits (passant de 28 % à 35 %) et sur les procédés (de 31 % à 37 %). Ces innovations de type technologique touchent près d'une entreprise sur deux dans la transformation et la conservation des fruits et légumes, la fabrication d'autres produits alimentaires, la boulangerie-pâtisserie industrielle et la fabrication de pâtes. Elles sont moins présentes dans l'industrie de la viande (36 %).

Un effet taille important
« À l’instar d'autres déterminants de la compétitivité, l'innovation est plus fréquemment une démarche d'entreprise de taille importante. 85 % des entreprises agroalimentaires de 250 salariés ou plus innovent de 2006 à 2008, contre 54 % pour les entreprises de 20 à 49 salariés », note Christophe Lesieur. L'innovation des grandes entreprises agroalimentaires est surtout plus diversifiée, ce qui leur permet de mettre davantage de produits novateurs sur le marché. La localisation du marché joue également un rôle important. Une entreprise dont le marché est aussi situé à l'étranger innove davantage qu'une entreprise dont le marché est à dominante locale : 73 % contre 56 %. Elles bénéficient également d’un accès plus facile aux financements nationaux et peuvent conclure des accords de partenariats : 60 % des entreprises de plus de 250 salariés ont conclu des accords de coopération avec d'autres entreprises contre 39 % pour les entreprises de 10 à 50 salariés. Dans l'agroalimentaire, ces partenariats sont davantage centrés sur la France. Les coopérations internationales avec des entreprises européennes sont deux fois moins répandues que dans le reste de l'industrie, et trois fois moins quand il s'agit des États-Unis.

Maitrise des coûts
Les principaux objectifs de l’innovation demeurent la conquête de marchés, même si cette volonté, crise oblige, est moins affirmée. Seules 38 % des entreprises agroalimentaires en font état contre 53 % à l'enquête précédente. Le gain de parts de marché arrive en troisième priorité (44 %). Pour les industries alimentaires, l’objectif premier est actuellement d’élargir la gamme des produits (60 % des entreprises) et d’améliorer la qualité de ceux-ci (45 %). Désormais également, l’innovation est mise à profit davantage pour réduire les coûts en développant un packaging plus économe avec des effets potentiellement positifs pour l'environnement. Pour 60 % des entreprises agroalimentaires innovantes entre 2006 et 2008, l'innovation réalisée présente un bénéfice pour l'environnement contre une sur deux pour l’ensemble des entreprises françaises. Plus la taille de l'entreprise est élevée, plus la prise en compte de la dimension environnementale s'accroît : ce chiffre atteint 80 % dans le cas des entreprises agroalimentaires de plus de 250 salariés. Cela se traduit par la recherche d’économies de matières, d'énergie et de CO2. Pour 34 % des entreprises, le bénéfice environnemental de l'innovation se situe également au stade de l'utilisation du produit par le consommateur. Le recyclage du produit après utilisation est alors la caractéristique la plus souvent avancée.

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