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Coup de tonnerre dans le landerneau de la charcuterie européenne. L’américain Smithfield renonce à son offre sur Campofrio, l’actionnaire du groupe Aoste, un rachat qui lui aurait permis de compléter, pour 500 millions d’euros, sa participation dans le groupe de charcuterie espagnol. Quelle explication donner à ce recul ? Smithfield met en avant la mauvaise santé de l'économie européenne et la baisse de valeur de ses propres actions qui rendait difficile le financement de l'opération.
Présidé par Larry Pope, le numéro un mondial de la transformation de porc (11 milliards de dollars de CA en 2010) est engagé dans une politique de révision de son portefeuille d’activités, cédant certains sites et en rachetant d’autres. Aux Etats-Unis, il a réduit le nombre de ses marques (passées d’une cinquantaine à une vingtaine). Après deux exercices fiscaux dans le rouge, ses résultats actuels sont meilleurs. Ses activités en Pologne et au Mexique sont en croissance. En revanche, le cours de bourse demeure à la traîne (il a baissé de 4 USD et se situe autour de $19,85 par action). Cette donnée ainsi que le manque de confiance que le groupe place dans le marché européen expliquent l’abandon du rachat de l’espagnol Campofrio. Ce revirement va permettre au groupe américain d’alléger sa dette de $500 millions sur les 2,5 milliards de dollars prévus pour l’opération et d’économiser $100 millions d’intérêts dans l’année.
Smithfield conserve néanmoins sa participation de 37% dans Campofrio. Les analystes américains estiment que le groupe attendra des jours meilleurs pour mettre son projet de rachat à exécution.
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