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Prix du lait Sodiaal réduit la rémunération de ses éleveurs

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Dans un courrier du 31 août, la coopérative laitière Sodiaal a annoncé une baisse de 5€/1 000 litres sur le volume A, et de 15€ sur le volume B. Malgré une forte reprise des prix industriels sur les marchés mondiaux, les industriels français souffrent de la concurrence allemande sur le lait de consommation.

Sodiaal a annoncé une baisse de 5€/1 000 litres de son prix d’achat du lait à partir de septembre, dans un courrier du 31 août. « Les raisons de cette situation sont essentiellement dues à la forte collecte mondiale qui a dépassé la demande en début d’année », plaide la coopérative. Sodiaal a en outre annoncé une amputation de 15€ par rapport à la valorisation beurre/poudre calculée par l’interprofession sur le volume B. Le 3 août dernier, Terra Lacta provoquait déjà la colère des éleveurs en annonçant à ses coopérateurs que le paiement du lait serait désormais fractionné en 2 versements. Le courrier indiquait également que le prix du lait en juillet et août serait plafonné à 300 euros mais devrait retrouver un niveau supérieur en janvier 2013.  « Cela signifie quoi exactement pour les mois de septembre à décembre ? », s’interrogeait alors la FDSEA de Vendée.
 
Une particularité française
Alors que les prix mondiaux connaissent, eux, une nette amélioration depuis plusieurs semaines, ces baisses du prix du lait payé aux éleveurs ont de quoi surprendre. Après une chute vertigineuse jusqu’au mois d’avril, les cours mondiaux des produits laitiers industriels se sont finalement stabilisés fin mai, pour enregistrer un rebond spectaculaire, notamment au cours du mois d’août. « La poudre maigre a repris 600€ en 3 mois pour atteindre les 2 600€/t ! », rappelle Gérard You, économiste à l’Institut de l’élevage. Le 3 septembre, Friesland Campina, coopérative laitière néerlandaise, annonçait d’ailleurs un maintien de son prix d’achat du lait au producteur, à 320€/t, tandis qu’Arla Food (UK) prévoyait une hausse de 2,5 pences par litre à partir du mois d’octobre. Pour l’économiste de l’Institut de l’élevage, cela s’explique par le fait que les produits industriels ne représentent qu’une petite partie des laits français commercialisés. « En France, le lait valorisé et transformé ne représente que 26% de la collecte », chiffre Gérard You. Or, les difficultés économiques rencontrées par les coopératives françaises proviennent uniquement du marché du lait de consommation, comme l’explique Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif chez Sodiaal : « Le lait conditionné représente 25% des fabrications de la coopérative. Et les prix sur ce marché ont été cassés par le lait allemand. »
 
Un marché du lait de consommation saturé
La hausse de la collecte de lait enregistrée en début d’année a en effet poussé certains industriels à augmenter leur fabrication de lait conditionné, pour ne pas se débarrasser de leur surplus sur le marché spot. « Devant cet afflux, les opérateurs allemands ont fabriqué plus de lait de consommation et ont cassé le prix du marché », dénonce Frédéric Chausson. Mais selon Gérard You, cette orientation a aussi été privilégiée par certains industriels français. « La fabrication de lait conditionné en France a bondi de 9% alors que les achats des ménages ont baissé », relate-t-il. Cette hausse représente 148 000 tonnes de lait conditionné supplémentaires en France. En Europe, elle n’atteint que 1,1%, pour un total de 15.000 tonnes. Afin de rétablir un prix de rémunération plus élevé dans les prochains mois, Sodiaal a d’ores et déjà engagé un plan économique pour corriger le déficit de la branche Candia, qui commercialise le lait de consommation de la coopérative.

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