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Industrie laitière Sodiaal seul en piste pour négocier avec Entremont Alliance

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Le groupe coopératif laitier Sodiaal mène des négociations exclusives pour la reprise d’Entremont Alliance. L’opération est assortie d’un engagement à payer les producteurs livrant à Entremont un prix du lait cohérent avec l’accord interprofessionnel du 3 juin. Un accord largement obtenu grâce au ministre de l’Agriculture.

Sodiaal est seul en piste pour négocier un rapprochement avec l’entreprise laitière Entremont Alliance. Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire l’a annoncé le 31 août à l’occasion de la foire de Châlon-en-Champagne et les deux entreprises le confirmaient aussitôt. Selon plusieurs témoignages, c’est en effet le ministre de l’Agriculture qui a fait le « forcing » pour arracher un engagement de négociation qui semblait compromis mi-août.
Un tel rapprochement permettrait de résoudre le « cas » Entremont, un des tout premiers groupes laitiers français qui est dans l’incapacité de respecter l’accord interprofessionnel signé en juin sur les prix payés aux éleveurs. D’autant que le projet de négociation est accompagné d’une information selon laquelle le prix du lait payé aux producteurs sera de 272 euros pour 1 000 litres sur la paie de septembre, c’est-à-dire à peu près ce que prévoit l’accord interprofessionnel.
Un accord à bâtir
L’accord entre les deux entreprises reste encore à bâtir. Le schéma le plus souvent envisagé consisterait à créer une holding détenue en majorité par la coopérative Sodiaal. En échange de l’apport d’actif constitué par Entremont, ses actionnaires, le belge CNP (Groupe Albert Frère) et Unicopa, deviendraient actionnaires minoritaires soit séparément, soit via leur structure commune Unifem. Bien des questions sont encore sans réponse. En premier lieu celle de la participation des éleveurs livrant à Entremont (4 500 en Bretagne, 6 000 en comprenant les autres régions) : deviendront-ils tout simplement coopérateurs de Sodiaal ? Ou participeront-ils à une structure intermédiaire ? Une chose est sûre : ces éleveurs n’ont ni la possibilité ni la volonté d’investir des sommes conséquentes alors même qu’ils estiment que l’entreprise Entremont leur doit 62 millions d’euros suite à l’appplication de la flexibilité des prix et du non-paiement du lait à hauteur de l’accord interprofessionnel.
Réduire les pertes
Autre inconnue : quel sera l’avenir des outils industriels d’Entremont ? Selon certaines sources, une offre concurrente de Lactalis aurait été écartée au motif qu’elle aurait provoqué trop de « casse sociale ». Selon d’autres sources, Lactalis n’avait pas une réelle volonté de faire l’opération.
En tout cas, le nouvel ensemble devra réduire des pertes qui se chiffraient à 15 millions d’euros au premier semestre 2009. Si le groupe constitué par Sodiaal et Entremont peut prétendre être un des premiers européens avec une collecte de 5 milliards de litres, il lui faudra retrouver une meilleure rentabilité que l’arrivée d’Entremont contribuera à dégrader. La réintégration à 100% de Yoplait, dont Sodiaal ne détient aujourd’hui que 50% du capital, pourra y contribuer, à condition d’être en mesure de financer cette nouvelle opération.

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