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Filière oléagineux/Stratégie Sofiprotéol affirme la solidité de son modèle économique

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Sofiprotéol a résisté l’an dernier à un environnement difficile, confirmant la solidité de son modèle économique de filière. Avec son double métier d’industriel et de financier, l’établissement de la filière des oléoprotéagineux a accru modérément son chiffre d’affaires 2010 à 5,6 milliards d’euros, contre 5,5 milliards en 2009 et accusé un léger repli de son résultat, son excédent brut d’exploitation (EBITDA) étant estimé à 300 millions d’euros, contre 312 millions en 2009.

L’équipe dirigeante de Sofiprotéol, l’entreprise de la filière des huiles et protéines végétales que préside Xavier Beulin (1), a innové en présentant à la presse sa stratégie et ses principaux résultats. Rappelant son double positionnement d’industriel et de financier, Philippe Tillous-Borde, son directeur général, a précisé ses ambitions sur ses principaux débouchés que sont l’alimentation humaine, la nutrition animale, l’énergie et la chimie renouvelables.
Dans son métier industriel, Sofiprotéol a souffert en 2010 du renchérissement des matières premières agricoles, mais a tiré parti de la complémentarité de ses activités : trituration de graines et raffinage d’huiles (Saipol), alimentation humaine (Lesieur et Glon Sanders), nutrition animale (Glon Sanders), énergies renouvelables (Diester Industrie et Diester Industrie International) et chimie renouvelable (Oleon et Novance), ont indiqué les dirigeants de l’entreprise.
Dans son métier financier, qui l’a fait s’engager de longue date dans une centaine d’entreprises françaises de l’agro-industrie et de l’agroalimentaire, l’année 2010 a été active avec 20 millions d’investissements dans différentes filières.

Un environnement difficile et qui va perdurer
Au total, Sofiprotéol a relativement bien résisté l’an dernier à un environnement difficile, confirmant la solidité de son modèle économique de filière. Avec ses deux métiers, l’établissement de la filière oléoprotéagineux a vu son activité progresser légèrement avec un chiffre d’affaires 2010 de 5,6 milliards d’euros, contre 5,5 milliards en 2009. Son excédent brut d’exploitation (EBITDA) est estimé à 300 millions d’euros seulement, contre 312 millions en 2009. Toutefois l’entreprise n’a pas levé le pied en ce qui concerne ses investissements : sur le plan industriel, elle a engagé 90 millions d’euros au cours de l’exercice et a même procédé à quelques acquisitions.
En 2011, « malgré une conjoncture toujours défavorable, l’excédent brut d’exploitation devrait dépasser 300 millions d’euros », a indiqué Philippe Tillous-Borde qui vise à terme un objectif de 350 millions. « L’environnement restera difficile car il faut craindre le maintien d’un prix élevé des matières premières agricoles, une asymétrie persistante entre le prix du gasoil et de l’huile, ainsi qu’une incertitude sur la croissance européenne », a-t-il précisé.

Saipol, numéro un français de la trituration de colza et de tournesol, a transformé
4,5 millions de tonnes de graines (+5 % par rapport à 2009) et réalisé 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires (1,58 Md en 2009). L’entreprise a étoffé son outil industriel en ajoutant à ses sept sites français deux sites acquis en Roumanie avec le rachat d’Expur en septembre (114 M EUR de CA). Pour 2011, elle cherchera encore à augmenter de 5 % ses volumes de graines triturées, mais ceci se fera dans un contexte d’approvisionnement difficile et de hausse des matières premières. Son internationalisation, déjà amorcée vers l’Europe de l’Est et le bassin méditerranéen, et maintenant vers la mer Noire, va élargir les débouchés de ses tourteaux, notamment vers l’Espagne où Saipol a ouvert récemment un bureau commercial à Barcelone.

Lesieur cherche plus à l’international
Lesieur, numéro un français des huiles alimentaires et N°3 des sauces et condiments depuis le rachat (en 2008) de la Société générale condimentaire, a passé une année difficile pour ses marges et son chiffre d’affaires. L’entreprise a été gênée par la baisse tendancielle de la consommation d’huile de table. Malgré des volumes produits en hausse de 7,5 %, l’entreprise n’a réalisé que 685 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 715 M EUR en 2009. La difficulté à valoriser les marques nationales (Lesieur, Puget) en GMS a conduit l’entreprise à se tourner davantage vers les MDD et à se développer délibérément plus vite sur les marchés export et vers deux marchés plus sensibles aux qualités nutritionnelles de ses huiles combinées : la restauration hors foyer (en partenariat avec Panzani) d’une part et le marché des autres IAA. Ainsi Lesieur aide ses clients à substituer l’huile de palme par de l’huile de tournesol oléique et lance en GMS une nouvelle huile « Fleur de colza » entièrement tracée (jusqu’à l’exploitation agricole).
A l’avenir, Lesieur renforcera ses exportations vers l’Europe du nord et le Moyen-Orient et cherchera surtout à accélérer son internationalisation par implantations directes : après la Tunisie où il contrôle Cristal Tunisie, ce sont l’Italie, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest qui sont visés.
Groupe Glon Sanders a réalisé 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires (1,44 Md en 2009) dont 40 % pour l’alimentation humaine à travers ses filiales de production de viande de porc, de volailles et d’œufs (Sogeval, Abera, Bosher-Keranna, Matines,…). L’entreprise a du faire face à l’augmentation du prix des céréales et des tourteaux ainsi qu’à la crise porcine mais sa diversification dans l’alimentation humaine lui a permis de réaliser un exercice correct. Au cours de l’exercice, Glon Sanders a racheté la société France Ponte et tout début 2011 la société Sopral et pour l’avenir cherchera à investir dans les pays de l’Est et les pays méditerranéens.
Dans le non alimentaire, Diester Industrie, numéro 1 européen du biodiesel, est devenu la première filiale du groupe avec 2,3 Mds d’euros de chiffre d’affaires, mais elle souffre de l’évolution asymétrique des prix du pétrole et de ceux des matières agricoles.
En revanche, la croissance est revenue nettement pour Oléon et Novance en chimie verte avec un chiffre d’affaires qui est passé de 439 à 520 M EUR en un an, notamment grâce à la reprise observée en Allemagne et en Asie.

(1) Dans l’actionnariat de Sofiprotéol, la FOP (Fédération des producteurs d’oléagineux) que présidait le nouveau président de la Fnsea pèse 15,1 %, aux côtés des interprofessions Unip et Onidol, du Crédit agricole, Natixis, Unigrains, etc

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