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Oléoprotéagineux Sofiprotéol, gouvernance modifiée pour une nouvelle étape de son développement

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Les dirigeants de Sofiprotéol ont profité de la célébration de leur 30e anniversaire le 4 décembre pour annoncer l’organisation d’une nouvelle gouvernance du groupe. Objectif : constituer un groupe consolidé, permettant une présence renforcée des agriculteurs de la Fop tout en améliorant la visibilité et le recours à de nouveaux financements pour se développer. Une fondation nouvellement créée constitue un des éléments de cette gouvernance.

Comment concilier la place privilégiée des agriculteurs dans le capital et la capacité à faire davantage appel à des financements ? Telle est l’équation qu’a semblé résoudre Sofiprotéol l’établissement financier et industriel de la filière oléoprotéagineuse, en annonçant une nouvelle gouvernance pour le groupe. L’occasion était belle : les trente ans de l’institution, une grande manifestation au musée du Quai Branly à Paris et la visite du président de la République François Hollande.
Le cœur du groupe deviendra une société en commandite par action (SCA). Elle aura comme filiales Sofiprotéol banque de développement, regroupant notamment les filiales minoritaires, et Sofiprotéol Industrie, contrôlant les entreprises industrielles du groupe dont il est majoritaire. Cette société en commandite aura comme actionnaires le Fidop, qui est l’actionnaire historique du groupe et, nouveauté, une fondation qui devrait être « reconnue d’utilité publique, exerçant des missions d’intérêt général à but non lucratif ». Par ailleurs, les agriculteurs adhérents de la Fop (Fédération des producteurs d’oléagineux) seront représentés à travers une société commanditée, avec 4 membres parmi les neuf composant le conseil d’administration de la SCA. Une organisation qui leur permettra d’avoir une minorité de blocage et d’avoir un regard sur la stratégie du groupe.
 
Groupe consolidé
L’objectif de cette réorganisation est également de pouvoir constituer l’ensemble en un groupe consolidé (permettant l’établissement de comptes consolidés), industriel et financier, avec un contrôle clarifié entre trois acteurs, les agriculteurs, la fondation et le Fidop. En présentant ce projet, le DG Jean Philippe Puig a annoncé qu’il s’agissait d’avoir « une structure plus ouverte et transparente » notamment « vis-à-vis des banques pour financer nos activités ». La commandite, structure adoptée par exemple par un groupe comme Michelin (pour concilier développement industriel et contrôle familial) permet de d’allier stabilité du contrôle et ouverture possible de la société à de nouveaux partenaires, comme des investisseurs, les salariés, le public, voire des agriculteurs. Une cotation en Bourse serait même possible. Actuellement, les sources extérieures de financement en capital ne peuvent se réaliser que par les filiales. Ainsi la participation du FSI a été placée au niveau de la filiale Soprol.
 
François Hollande vante l’innovation en agriculture
C’est un président de la République se disant extrêmement confiant sur l’innovation qui est venu saluer les trente ans de Sofiprotéol. Après avoir, la veille, lancé le principe de sept appels d’offres sur l’innovation à long terme dont l’un porte sur les protéines végétales, il a assuré Xavier Beulin, président de Sofiprotéol, que « le principe d’innovation doit conduire dans tous les domaines l’action des pouvoirs publics ». Une manière de relativiser le principe de précaution contenu dans le préambule de la constitution, « facteur de frein et d’immobilisme » selon Xavier Beulin. « La France, dans dix ans, aura une agriculture extrêmement dynamique », a assuré le président de la République, n’abordant pas les sujets sensibles comme l’écotaxe, ou d’actualité comme la loi d’avenir agricole. Le président de la République a également assuré qu’en matière de taux d’incorporation de biocarburants, actuellement en discussion à Bruxelles, la France entendait obtenir une décision sur 7 % pour les biocarburants d’origine végétale de première génération. Quant aux aides couplées destinées à soutenir la production de protéines, elles devraient, selon François Hollande, bénéficier aux producteurs de grandes cultures comme aux éleveurs.

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