Sofiprotéol veut booster les ventes d'œufs de la marque Matines et diminuer les volumes écoulés sous des marques de distributeurs, en communiquant sur la qualité de ses œufs (couleur, goût), qu'ils soient standards, plein air ou bio.
APRÈS avoir pris la majorité des actions de la société de commercialisation d'œufs Matines, le 1er avril, l'acteur industriel et financier de la filière oléo protéagineuse Sofiprotéol veut en booster la rentabilité. Le groupe, qui détient les huiles Lesieur et Puget, a présenté le 13 mai à Paris un plan de développement de la marque d'œufs du même nom, « Matines », leader en grande distribution.
La société Matines commercialise deux milliards d'œufs chaque année, y compris sous des marques de distributeurs (MDD). Seulement 318 millions sont écoulés sous sa propre marque. Le groupe souhaite multiplier par deux en cinq ans les volumes commercialisés sous la marque Matines, à 600 millions d'œufs, sans pour autant toucher les ventes globales de la société. « Notre but, c'est d'augmenter la valeur ajoutée de cette filière », explique le directeur général de Sofiprotéol, Jean-Philippe Puig.
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Pour convaincre le consommateur d'acheter plus d'œufs Matines, le groupe a développé un concept de qualité de l'œuf (couleur du jaune, qualités gustatives), alors que jusqu'ici la communication du secteur s'orientait plutôt sur les conditions d'élevage des poules. À l'aide d'un laboratoire spécialiste de la bioanalyse, Eurofins, et d'un autre spécialiste de l'aromatique, l'Isipca, Matines a tenté définir les critères attendus par les consommateurs, et de s'en rapprocher en améliorant l'alimentation des poules notamment grâce à des composants comme le maïs et à la luzerne. La démarche doit engendrer un surcout de 5 à 6% des coûts d'alimentation, mais permet d'afficher des prix en hausse de 10 cents dans les rayons depuis le début de l'année. En grande distribution, les consommateurs sont très peu sensibles aux augmentations de prix de cette protéine qui reste bon marché, à 3,27 euros le kilo. Les résultats sont prometteurs, assure le directeur de Matines : « Nous avons un objectif de progression de 12% par an. Jusqu'ici nous sommes dans les clous »