Fondée par l’homme d’affaires Gustavo Grobocopatel, baptisé le « roi du soja », la société de production et de stockage de grains Los Grobo, figure de proue des « pools de semis » argentins, s’est déclarée en défaut de paiement en décembre dernier, et en règlement judiciaire le 3 février. Le montant total de sa dette s’éleve à 278,7 millions d’euros (M€)) auprès de 3 740 créanciers, dont six banques et une quarantaine de grands fermiers. Los Grobo n’honorera pas le paiement des titres de créance qu’elle a émis sur la place boursière de Buenos Aires jusqu’au 31 mars.
L’annonce de ses déboires ferait peser la menace d’un effet domino sur l’ensemble de la filière argentine des grandes cultures à cause du grand nombre d’acteurs impliqués. Ces difficultés financières s’expliquent par un marché argentin des intrants en berne (les comptes de la division de distribution d’intrants de Los Grobo, Agrofina, étant particulièrement dans le rouge), des cours des grains jusqu’à récemment peu attractifs, mais aussi à la nouvelle donne macro-économique argentine sous l’ère du président Javier Milei, qui, depuis un peu plus d’un an, est parvenu à geler le taux de change peso-dollar. Les entreprises ayant des rentrées d’argent cotées en dollar ou en euro, comme les producteurs de grains, avaient coutume, jusqu’ici, de spéculer sur une dévaluation régulière de la monnaie locale. Mais cette époque est pour l’heure révolue.
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La société a cultivé l’an dernier 260 000 hectares en soja, maïs, blé, tournesol et canne à sucre sur des parcelles louées dans le cadre de baux à court terme dans les quatre pays du Mercosur, informe-t-elle sur son site internet. La société a stocké l’an dernier 2,2 millions de tonnes de grains. Los Grobo est contrôlée depuis fin 2016 par le fonds d’investissement Victoria Capital Partners à hauteur de 90 % de son capital, les 10 % restants étant détenus par Matilde et Gustavo Grobocopatel.