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Céréales Sojalim lance la trituration de 25 000 t de soja du Sud-Ouest

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L’acteur industriel et financier Avril et la coopérative Euralis ont inauguré le 8 septembre Sojalim, un outil de trituration de 25 000 t de soja français à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Objectif : proposer une alternative locale aux importations.

L’acteur industriel et financier Avril et la coopérative Euralis ont inauguré le 8 septembre Sojalim, un outil de trituration de 25 000 t de soja français à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Objectif : proposer une alternative locale aux importations.

« Né de la volonté du groupe Avril de contribuer à la structuration de la filière soja en France, Sojalim représente une nouvelle étape importante du partenariat avec Euralis », a déclaré Michel Vernet, le président de la coentreprise. Cet investissement de 3,65 M d’euros vise à « sécuriser l’approvisionnement des filières de production animale du Sud-Ouest en protéine végétale française ». Il concrétise un partenariat avec la coopérative Fipso (Filière porc du Sud-Ouest) et le distributeur Carrefour. « Sojalim transformera dès cette année 25 000 t de graines de soja, dont 5 000 t de bio », a précisé Michel Vernet. Une alternative locale non OGM aux importations d’Amérique du Sud, selon lui.

Rendre le soja attractif par rapport au maïs

La filière française ambitionne, comme l’a rappelé le d.g. délégué d’Avril, Michel Boucly, de « remplacer les 500 000 t de soja non OGM que nous importons d’Argentine ». Christian Pèes, président d’Euralis, a souligné l’importance de « convaincre les agriculteurs » de cultiver du soja. Et de lancer un appel aux distributeurs pour que son prix soutienne la comparaison avec le maïs. « En gros, le soja fait trois fois moins de rendement que le maïs, a-t-il considéré. Ça veut dire qu’en termes de prix, il faudrait trois fois plus ». Un rapport atteint il y a trois mois mais qui ne l’est plus, avec un maïs payé aujourd’hui « autour de 120 euros/t » à l’agriculteur, d’après lui.

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Euralis s’est dit prêt à accompagner techniquement les producteurs, car le soja n’est « pas une culture forcément facile à mener ». Le groupe a aussi indiqué poursuivre un programme de recherche afin de mettre à disposition des semences adaptées.

Construction d’une filière

Sojalim est implanté sur le site de fabrication d’aliment pour bétail Sanders-Euralis, lequel utilise une partie des tourteaux, coques et huiles issus de la trituration. L’autre partie de la production est orientée vers la deuxième usine de la joint-venture, à Lons (Pyrénées-Atlantiques). Concernant le bio, la trituration des graines de soja est réalisée en façonnage pour le compte des établissements Aurouze, acteur historique des aliments biologiques pour animaux dans le Sud-Ouest. La joint-venture Sanders-Euralis, créée en 2013, approvisionne ainsi les élevages de volailles, porcs, et ruminants de la région.

« Dès sa conception, le projet Sojalim s’est appuyé sur les filières et partenaires du Sud-Ouest », a déclaré Michel Vernet, qui est aussi le d.g. de Sanders-Euralis. « Ainsi, des semences à la valorisation par les consommateurs, en passant par la mise en culture, la collecte, la trituration, la fabrication d’aliments du bétail et les productions des filières animales, chacun a apporté sa pierre à l’édifice. » Sojalim, avec une trituration de 20 000 t en conventionnel, offre un débouché à quelque 6 000 ha de soja produit par les adhérents d’Euralis. Cela participe à la relance de cette culture en France. Après un point bas de 22 000 ha en 1988, le soja grimpe à 142 000 ha cette année. « L’objectif est d’atteindre 250 000 ha en 2025 », a souligné Arnaud Rousseau, le président d’Avril et de la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux), en marge de l’inauguration. Avril anticipe déjà cette progression des surfaces avec une troisième usine en projet, après celle d’Extrusel à Châlons-sur-Saône et la toute nouvelle à Vic-en-Bigorre. Elle serait située dans les Pays de la Loire, d’après lui.