Il n’est pas sûr que le dispositif mis en place par les céréaliers vienne résoudre durablement le problème des éleveurs. Chacun en est conscient. Face à l’ampleur des hausses prévues et durables de leurs charges, et quand bien même la « récolte » de fonds s’élèverait à 100 millions d’euros, ce qui n’est pas sûr, ce pactole risque d’être un peu court. D’autant que, du côté des pouvoirs publics, les aides à la modernisation des bâtiments d’élevage sont plutôt à la baisse. Le ministre ne l’a pas contesté devant les députés, n’hésitant pas à faire appel, d’une certaine manière, aux ressources des régions.
Cependant, l’initiative des céréaliers peut aller au-delà et marquer les esprits comme un symbole de solidarité. En ces temps de découplage des aides Pac, de dérégulation des marchés agricoles, de réduction des budgets de l’ensemble des politiques agricoles, laissant les exploitants presque isolés devant les marchés, le risque est grand de voir le chacun pour soi l’emporter. Les relations entre distributeurs et industriels nous ont montré à quel point, surtout aujourd’hui, la confrontation entre clients et fournisseurs peut devenir dure. Or, les céréaliers sont des fournisseurs des éleveurs. Bien que clients, ce sont, dans ce cas, les éleveurs qui n’ont pas le rôle facile. Une certitude: le monde agricole doit éviter de subir des forces centrifuges de cette nature.
Quel qu’en soit l’impact économique la création de ce fonds montre qu’il y a bien une certaine solidarité au sein des deux grandes branches de l’agriculture.

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