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Grandes cultures Sommet du végétal : la Pac et l’environnement inquiètent

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La conférence de presse, le 17 janvier, présentant le congrès annuel d’Orama, le sommet du végétal, les 23 et 24 janvier prochain à Evreux, a permis au syndicat des producteurs de grandes cultures de réaffirmer ses priorités pour 2013. Le « produire plus et mieux » reste d’actualité, et l’entrée en vigueur de la prochaine Pac une préoccupation pour les céréaliers, notamment au niveau de la convergence des aides entre les pays, et en leur sein.

«L’avenir donne raison à nos orientations qui sont de produire plus et de produire mieux », affirmait Philippe Pinta, président d’Orama, le 17 janvier à Paris. Il introduisait le congrès annuel du syndicat des producteurs de grandes cultures, le sommet du végétal, qui aura lieu les 23 et 24 janvier à Evreux. Selon lui, les tensions sur les marchés agricoles, et les stocks bas observés aujourd’hui, montrent la nécessité d’augmenter la production de céréales en France et en Europe. Il a d’ailleurs souligné la régularité de l’offre de la zone qui a un rôle à jouer sur les marchés d’exportation de céréales. « D’ailleurs, si la France n’exportait pas de grains, l’Union européenne (UE) serait importatrice nette de céréales », a affirmé Philippe Pinta.

Le premier pilier de la Pac doit rester fort pour Orama

« Nous demandons que le premier pilier de la Pac soit fort dans la prochaine Pac, car il est un élément important pour notre compétitivité au sein de l’Union européenne et dans le monde », a déclaré Philippe Pinta. Il a souligné l’importance de ces aides pour les zones intermédiaires, dont la productivité à l’hectare est plus faible. « Il ne faudrait pas que la subsidiarité nous rende moins compétitifs que d’autres pays de l’UE, comme l’Allemagne ou les nouveaux entrants », a insisté Philippe Pinta. Selon ses estimations, si les aides aux grandes cultures baissaient en France, le différentiel de compétitivité envers d’autres pays pourrait atteindre les 15 à 35 € par tonne produite selon les productions. « La Pac doit rester commune », a-t-il déclaré. Insistant sur le fait que « le champ des options laissées aux Etats membres dans les propositions d’octobre 2011 de la Commission européenne pour moduler les paiements directs était déjà trop large », Philippe Pinta a souligné que « toute possibilité nationale supplémentaire permettant de sur-primer les premiers hectares ne pourrait qu’aggraver ce risque de distorsions qu’il convient absolument d’encadrer ».

Une convergence encore à penser

Concernant la convergence des aides au niveau national, Philippe Pinta a expliqué que les plus fortes différences de soutiens se trouvaient plutôt au sein des filières elles-mêmes, qu’en moyenne entre les filières. « Depuis 2003, l’UE demande la suppression de la référence historique au niveau des aides du premier pilier ; la France n’a rien fait alors que l’Allemagne a quasiment terminé. Orama plaide depuis 2008 pour la convergence nationale », a souligné Philippe Pinta. Cependant, il serait, selon lui, nécessaire de laisser jusqu’à 2020 à la France pour qu’elle termine de faire converger les aides du premier pilier de la Pac. Philippe Pinta se déclare d’ailleurs plutôt en faveur d’aides contra-cycliques, à l’américaine, qui permettent de compenser les revenus agricoles en cas de retournement des cours à la baisse. Orama tiendrait d’ailleurs à ouvrir ce dossier assez vite pour espérer voir ce système d’aides contra-cycliques adaptées à la Pac après 2020.

Inciter à cotiser au fonds de modernisation

Au sujet du fonds de modernisation céréaliers-éleveurs, Philippe Pinta a souligné qu’il devait encore prendre de l’ampleur, « quitte à demander de l’aide au ministre de l’Agriculture pour le booster un peu ». Christophe Terrain, président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), a souligné que la structure d’orientation du fonds existait déjà via l’association Intergrains, mais que le frein principal était celui de la collecte des cotisations. La Fédération nationale des négoces (FNA) a indiqué que seuls les agriculteurs en faisant la demande seraient prélevés, à l’inverse des coopératives. Pour remédier à cette situation, Christophe Terrain a indiqué qu’une demande, au nom des producteurs de grandes cultures, serait faite auprès du ministère de l’Agriculture pour que des mesures incitatives à la cotisation pour ce fonds soient mises en place sous forme, pourquoi pas, d’une défiscalisation.

Un environnement autrement

Si le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll a présenté le 18 décembre dernier son concept de « produire autrement », pour Orama l’important est « l’environnement autrement ». Pour Philippe Pinta, en termes de baisse des impacts environnementaux de l’agriculture, « les résultats sont plus importants que les moyens ». Il a ainsi indiqué que les instituts techniques tels qu’Arvalis ou le Cétiom travaillaient déjà sur ces thématiques depuis plusieurs années et proposaient des solutions. Concernant le verdissement de la Pac, Philippe Pinta a déclaré que les 7% de surfaces d’intérêt écologique ne doivent pas revenir à remettre en place des jachères ou à nuire à la production. Sur l’obligation de rotations, comprenant au moins trois cultures, Philippe Pinta a demandé à ce que l’on tienne compte des diversités de production dans les régions, notamment là où la monoculture de maïs est développée.

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