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Sommet sur l’Amazonie : une « alliance » contre la déforestation

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À l’issue d’un sommet sur l’Amazonie, les pays sud-américains de la région ont pris peu de décisions concrètes, annonçant la création d’une « alliance » dédiée à lutter contre le phénomène.

Les pays sud-américains d’Amazonie ont décidé le 8 août de former une « alliance » contre la déforestation, mais sans fixer d’objectif concret, lors d’un sommet à Belem pourtant présenté comme un « tournant » par le président brésilien Lula. La création d’une entité intitulée « Alliance amazonienne de combat contre la déforestation » fait l'objet d'une déclaration commune signée par le Brésil, la Bolivie, la Colombie, l’Equateur, le Guyana, le Pérou, le Suriname et le Venezuela. L’alliance « a pour but de promouvoir la coopération régionale dans le combat contre la déforestation, pour éviter que l’Amazonie n’atteigne le point de non-retour ». Si ce point de non-retour était atteint, l’Amazonie émettrait plus de carbone qu’elle n’en absorberait, ce qui aggraverait le réchauffement de la planète.

Mais contrairement aux attentes des organisations de défense de l’environnement, cette déclaration commune publiée à l’issue du premier des deux jours du sommet ne présente aucun objectif commun pour éradiquer totalement la déforestation, comme le Brésil a promis de le faire d’ici 2030. Ce document-fleuve en 113 points pose seulement de façon détaillée les jalons d’une coopération entre les huit pays membres de l’Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA), pour promouvoir le développement durable dans cette vaste région qui abrite environ 10 % de la biodiversité mondiale.

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Baisse de la déforestation au Brésil

Quelques jours plus tôt, des chiffres plutôt positifs avaient été publiés concernant le cas du Brésil. La déforestation de l’Amazonie y a été près de trois fois moins élevée en juillet qu’un an plus tôt. Les données satellitaires de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) font état de 500 km2 déboisés en Amazonie, niveau le plus bas depuis 2017, contre 1 487 km2 déboisés en juillet 2022. Entré en fonction en janvier, le président de la République fédérale Luiz Inácio Lula da Silva s’était engagé à faire de la préservation de la forêt amazonienne une priorité, à l’inverse de son prédécesseur Jair Bolsonaro.

« Nous sommes entrés dans un cercle vertueux, ceux qui commettent des crimes environnementaux ne sont plus certains d’être impunis, donc ils s’y reprennent à deux fois avant de passer à l’acte », a déclaré en conférence de presse la ministre de l’Environnement Marina Silva. En revanche, la déforestation a augmenté de 26 % dans le Cerrado (savane brésilienne) avec 612 km2 déboisés en juillet. Dans cette région, la déforestation est à son plus haut niveau depuis 2017 avec 6 359 km2 déboisés sur les douze derniers mois. Certains spécialistes redoutent un transfert de crimes environnementaux dans le Cerrado vu l’intensification de la lutte contre la déforestation illégale en Amazonie.

Des jalons pour la coopération entre les huit pays