Sopexa est à la veille de grands changements. Son actionnariat devrait évoluer très prochainement, avec l'entrée de Comexposium au capital, tandis que le chantier de la répartition des rôles avec Business France (ex-Ubifrance) est déjà bouclé. En France, Sopexa vise une acquisition pour améliorer son image.
Sopexa devra bientôt achever sa mue. Créée par les pouvoirs publics en 1960, « la » Sopexa (Société pour l'expansion des ventes des produits agricoles et alimentaires), qui compte 280 salariés, continue de faire face au désengagement de l'Etat. Ce dernier, qui a cédé ses parts en 2008, assure toujours un courant d'affaires récurrent à l'agence via une délégation de service public (DSP), laquelle ne sera pas renouvelée au-delà de 2017. « La DSP représente environ 10 % de nos 70 millions d'euros de chiffre d'affaires », explique Jean-René Buisson, président de Sopexa depuis 2013. Conscient des défis à relever et de l'image « poussiéreuse » du groupe en France, il n'en croit pas moins à son potentiel. « Nous avons 26 bureaux dans le monde et une vraie expertise des opérations collectives dans l'agroalimentaire. Peu d'agences ont un tel réseau », rappelle-t-il.
UN DÉFICIT D'IMAGE
Du café costaricain à l'avocat mexicain en passant par les vins chiliens, Sopexa réalise déjà 20 % de ses ventes avec la promotion de produits étrangers, assure Jean-René Buisson. Mais le groupe souffre d'un déficit d'image en France, reconnaît-il. D'où l'idée de recourir à la croissance externe pour s'appuyer sur la notoriété d'une autre agence.
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Pour financer ce projet, Sopexa travaille sur une évolution de sa gouvernance. Le leader européen de l'organisation de salons, Comexposium, déjà lié à l'agence (Sopexa est propriétaire de la marque Sial) travaille sur une proposition de reprise avec la Chambre de commerce et d'industrie de Paris. À cette occasion, les actionnaires actuels de Sopexa, dont certaines interprofessions ou encore la FNSEA, pourront se retirer s'ils le souhaitent. Ce apport de fonds doit permettre à Sopexa de développer suffisamment son activité pour restaurer des marges à même de garantir sa pérennité. De fait, les comptes publiés par Sopexa ces dernières années ne sont pas exactement florissants.
LES SALONS CHEZ BUSINESS FRANCE
Si la gouvernance de Sopexa peut désormais évoluer, c'est sans doute en partie parce que le dossier de la clarification des rôles avec Business France (ex-Ubifrance) est réglé. D'ici à 2017, Sopexa arrêtera progressivement certaines opérations de promotions des produits français à l'étranger ainsi que l'accompagnement des entreprises sur les salons. Ces missions reviendront à Business France, qui accueillera une quinzaine de salariés de Sopexa spécialistes de cette activité. En contrepartie, Business France arrête de répondre à des appels d'offres privés, dans le cadre desquels il lui arrive de concurrencer Sopexa. L'Autorité de la concurrence avait rappelé l'agence à l'ordre dans un avis du 31 juillet 2014, estimant que « les subventions allouées à Ubifrance doivent être exclusivement affectées aux activités de service public sous peine de fausser le libre jeu de la concurrence ». Le gendarme de la concurrence avait alors recommandé la mise en place d'une comptabilité analytique « pour s'assurer de l'absence d'affectation de ressources publiques à l'activité concurrentielle ».