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Changement climatique Sortir de l’impasse des négociations climatiques

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Les 17 premiers rendez-vous internationaux baptisés conventions des parties (COP) n’ont assurément pas permis de lancer une action d’envergure pour la lutte ou l’atténuation du changement climatique. À la veille de la COP18, à Doha, au Quatar, plusieurs observateurs reviennent sur 20 ans de lenteur et proposent des pistes.

Un bilan très limité, un immobilisme global, une impasse intellectuelle, une panne quasi-totale, une fabrique de la lenteur,… C’est en ces termes directs et très négatifs qu’Amy Dahan décrit le bilan de vingt ans de négociations climatiques. Une analyse que la directrice de recherche au CNRS a menée à la demande du Centre d’analyse stratégique (CAS). À quelques jours de l’ouverture des négociations internationales sur le climat à Doha (COP18) prévue le 26 novembre, le CAS organisait, le 14 novembre à Paris, un débat sur ces négociations internationales et présentait plusieurs travaux demandés en vue de ce nouveau sommet, ainsi que ses recommandations.
Le pessimisme d’Amy Dahan est loin d’être isolé. Même le chef de l’équipe de négociation climat du ministère de l’Ecologie lui-même, Paul Watkinson, a confié « s’interroger parfois sur la valeur de ce processus (...). Mais ne pas avoir trouvé les solutions ne signifie pas qu’il faille abandonner. Ce serait une erreur extraordinaire ! », croit le diplomate. « On s’est vraiment demandé s’il fallait arrêter les COP, appuie Amy Dahan. Mais cela serait une régression de ce problème à l’agenda international ». D’autant plus que, pour la chercheuse, « le off des arènes climatiques et tout ce qui est satellite des textes finaux qui sont négociés est tout-à-fait décisif et important. » Elle rappelle : « Même le sommet Rio+20, dont le texte final a été très faible, a servi à quelque chose », grâce au off.

Parler de développement et d’une transition « désirable »

Plus que supprimer ces rendez-vous, il faut trouver un moyen de les améliorer. Pour Paul Watkinson, l’enjeu numéro un est de « réconcilier développement et climat. Sinon, on n’aura pas l’acceptation politique et ni l’acceptation de l’opinion publique nécessaires. Cela demande de pouvoir imaginer ce que c’est que le développement, dans un monde qui soit sobre en carbone pour contenir la hausse de la température mondiale sous les 2°C. » Avec pour préalable la lutte contre la pauvreté. Pour Stefan Aykut, co-auteur de l’étude rétrospective avec Amy Dahan, l’Europe doit aussi mettre en place et proposer « un modèle de société qui soit désirable ». Et donc abandonner la posture qui était jusqu’ici la sienne : « L’Europe dans ces négociations s’est construit une image de modèle. Ce discours de la vertu est louable, mais il est inaudible aujourd’hui ». Stefan Aykut croit « en la nécessité d’un nouveau grand projet pour l’Europe ». En particulier celui « d’une Europe de l’énergie ».
Enfin, le rapport d’Amy Dahan et Stefan Aykut préconise d’inscrire la question du réchauffement climatique « dans un échiquier planétaire plus vaste ». Autrement dit, il faut « décloisonner » le débat, et mettre le sujet en cohérence avec d’autres décisions prises à l’échelle internationale : commerce, énergie, développement…

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