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Porcs Souffle d’incertitudes sur les 40 bougies du Marché du porc breton

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L’assemblée générale du MPB (Marché du porc breton) se tenait à Ploufragan le 22 juin. L’occasion de fêter les 40 ans du marché, mais aussi de rappeler les incertitudes profondes qui préoccupent une filière, par ailleurs mobilisée, pour les années à venir.

«En 1972, année de création du Marché du porc breton (MPB), 4 300 porcs passaient par le marché chaque semaine. En 2011, il en passe 67 000 par semaine », raconte Jean-Pierre Joly, directeur du MPB. En outre, les acheteurs qui participent au MPB sont les principaux abattoirs de France. Ils réalisent 75% des volumes abattus en France. Lors de la 40e assemblée générale du MPB, au-delà du bilan des 40 années d’existence du marché, les professionnels ont rappelé les principaux résultats du marché en 2011. Ainsi, si en 2010 la marge brute moyenne pour un éleveur était de 2 centimes d’euros par kilo, il est tombé à - 4,8 centimes d’euros par kilo en 2011. Et pour cause, les coûts de production ont « explosé » en 2011. Cette hausse a masqué les effets de la hausse du prix du porc qui avait pourtant gagné 14 points entre 2010 et 2011. En 2011, les prix du porc ont été soutenus par des exportations conséquentes vers les pays tiers (Russie, Chine, Hong Kong, Corée du Sud) : +20% en 2011 par rapport à 2010.
Pour 2012, les incertitudes portent entre autres sur la capacité à satisfaire la demande des pays tiers sur le marché mondial. De fait, la mise aux normes des bâtiments de truies gestantes pourrait se solder par une baisse de l’offre courant 2013. « Dans les deux années à venir, ça va être compliqué : les éleveurs vont attendre la dernière minute pour décider d’investir ou non dans la mise aux normes de leurs bâtiments d’élevage », constate Jean-Pierre Joly. Cette incertitude crée un manque de visibilité sur l’offre de porcs dans les années à venir. Par ailleurs, le verdict de l’Autorité de la concurrence plane encore au-dessus du marché. Pour rappel, une plainte avait été déposée, il y a quelques années, par quatre éleveurs. Les soupçons portaient sur une entente sur les prix entre les abattoirs. « Le dossier est en instruction depuis plusieurs mois », explique Jean-Pierre Joly. La filière attend le rapport définitif de l’Autorité de la concurrence pour trancher sur la question.

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