Face au développement de ses légumes cuisinés conditionnés en sachet, la filiale du groupe agroalimentaire Soufflet va passer d’une production annuelle de 18 à 35 millions d’unités de ventes consommateurs (UVC) par an d’ici trois ans
Le groupe Soufflet va investir 10 M€ dans son usine de Valenciennes où il « usine » riz, graines et légumes secs. Il va construire un nouveau bâtiment de 4 000 m2 qui abritera l’atelier « Doypack » dédié à la production de préparations cuisinées à base de riz et de légumes secs. Dans l’immédiat, le groupe agroalimentaire est en train de remplacer une des deux lignes de production par une nouvelle ligne plus performante, « ce qui nous permettra de passer de 18 à 25 millions d’UVC/an dans les 12 mois qui viennent », précise Thierry Liévin, directeur général de Soufflet Alimentaire, la filiale « légumes secs » du groupe familial de Nogent-sur-Seine. Ces deux lignes seront ensuite transférées dans le nouveau bâtiment. Le nombre de stérilisateurs sera doublé de deux à quatre et l’automatisation plus poussée, ce qui permettra de produire 35 à 40 millions d’UVC/an d’ici 3 ans. Soufflet Alimentaire a adopté les sachets Doypack en 2006.
Le marché prometteur des farines
Leader français de la lentille avec une part de marché de 30 %, Soufflet met le turbo pour développer sa filière de lentille verte, visant les 100 % d’approvisionnement français en 2018. Surfant sur la vague des bienfaits procurés par les protéines végétales, il n’en néglige pas pour autant les pistes de diversification sur lesquelles le groupe travaille actuellement (Agra Alimentation du 7 avril 2016).
« On veut faire consommer de la lentille autrement », affirme Yannick Hus, directeur des achats et des ventes BtoB. Approvisionné par des lentilles blondes chinoises, le marché français de la conserve pourrait l’être demain par des lentilles vertes françaises (seuls 10 % d’entre elles sont destinés actuellement à l’industrie française). « C’est un marché que l’on estime à quelque 15 000 à 20 000 t/an », estime-t-il.
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Le groupe explore également le marché prometteur des farines de légumineuses. « Ce sont des farines natives texturées aux propriétés rhéologiques spécifiques », insiste Yannick Hus en mettant en avant leurs apports nutritionnels : « On vise avant tout les industriels du snacking et de la boulangerie viennoiserie pâtisserie ». « C’est un marché complètement naissant en France, mais fortement développé en Grande-Bretagne et en Italie », souligne de son côté Thierry Liévin.
Soufflet Alimentaire réalise un chiffre d’affaires de 187 M€ dont 30 % à l’exportation et emploie 225 salariés. En France, Soufflet a collecté 7 000 t de lentilles en 2016 et vise les 12 000 t en 2017.
Une éclaircie pour le riz de Camargue ?
En Camargue, les surfaces de riz devraient être de nouveau à la hausse. C’est en tout cas ce que prédit Thierry Liévin, après que la filière a obtenu une enveloppe de 2 M€ d’aides directes pour compenser le différentiel avec les riz asiatiques. Depuis la suppression des aides européennes en 2015, les surfaces du riz camarguais sont passées de 20 000 à 12 000 ha et 70 des 203 producteurs arrêtés leur culture. Un coup dur pour Soufflet qui avait investi 15 M€ dans son usine d’Arles avec la coopérative Sud Céréales et qui tourne depuis à la moitié de ses capacités passant de 80 000 à 40 000 t/an. 27 des 45 salariés avaient dû être licenciés et Soufflet avait dû abandonner ses projets de développement d’une véritable filière « riz de Camargue ».