Le spécialiste du riz et des légumes secs, Soufflet Alimentaire (115 millions d’euros de chiffre d’affaires), filiale du groupe de meunerie Soufflet, s’allie à une coopérative pour construire une usine de riz. Une opération qui lui permet de mieux contrôler sa filière.
Lorsque Soufflet, le négociant en céréales, s’est emparé il y a dix-sept ans de Costimex à Strasbourg, il a récupéré une petite activité de légumes secs et de riz. L’idée de développer ces métiers, complémentaires du sien, a alors germé et les rachats d’entreprises dans le riz et les légumes secs se sont multipliés. Il a repris Perliz à Perpignan, Riff à Valenciennes, Gemef à Montivilliers et d’autres encore. En 1990, ces activités ont été rassemblées sous un même toit et dans un seul site à Valenciennes, ville choisie pour sa proximité avec les grands ports de la mer du Nord. Depuis, Soufflet Alimentaire importe, “usine” et conditionne du riz (75 % des 130 000 tonnes vendues) venu pour moitié de l’Union Européenne et pour moitié de pays tiers. L’entreprise commercialise ses produits sous marques de distributeurs mais également sous ses propres marques : Perliz, pour les riz (troisième en volumes sur les riz parfumés), et Vivien Paille, pour les légumes secs. Pour compléter son offre, Soufflet Alimentaire a lancé, il y a deux ans, des accompagnements à base de riz et de lentilles, en barquettes micro-ondables. 35 % de ses volumes sont commercialisés en grandes surfaces, 15 % en restauration hors foyer et 50 % sont vendus aux industriels.
Contrôler la filière
Pour avoir un meilleur contrôle de la filière, le négociant s’est associé à la coopérative Sud Céréales pour construire une usine d’étuvage et d’usinage à Arles. Une joint-venture a été créée pour l’occasion. Sud Céréales en détient près des deux tiers, Soufflet 36 %, et Unigrains également quelques parts. « L’idéal dans le riz, c’est d’avoir les pieds dans la rizière et les mains dans les rayons, confie Thierry Lievin, directeur général de Soufflet Alimentaire. Avec cette usine, nous mettons les pieds dans les rizières ; ce qui nous apporte un meilleur contrôle de notre filière ». Cette construction intervient alors qu’une nouvelle réglementation européenne, applicable au 1er septembre 2004, supprime le système d’intervention, qui garantissait aux producteurs de riz le rachat de leurs volumes non vendus et favorisait la production de variétés sans débouché commercial. L’alliance entre les deux acteurs permettra une adéquation entre la demande des consommateurs et la production des riziculteurs. La France produit environ 100 000 tonnes de riz, et l’Union européenne 2,5 millions de tonnes. La nouvelle réglementation devrait apporter des changements dans les variétés produites et une baisse de production de l’ordre de 5 à 10 %.
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« L’idéal dans le riz, c’est d’avoir les pieds dans la rizière et les mains dans les rayons »