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RESTAURATION COLLECTIVE/SOCIAL Souffrance au travail des employés du catering dans les institutions de l'UE

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L'Effat (Fédération européenne des syndicats de l'alimentation et de l'agriculture) dénonce la politique d'attribution des marchés publics des institutions européennes, qui, selon elle, a un impact négatif sur les conditions de travail du personnel de la restauration collective. Les décideurs des institutions européennes sont accusés de ne prendre en compte que le prix le plus bas, en mettant en concurrence les différentes entreprises de restauration collective.

SI l'on en croit la Fédération européenne des syndicats de l'alimentation et de l'agriculture (Effat), les conditions de travail du personnel de la restauration collective dans les institutions européennes deviennent de plus en plus difficiles. Les responsables européens pour la passation des marchés publics au sein des institutions européennes ne prendraient en compte que le prix le plus bas, incitant donc à une concurrence féroce entre les différentes entreprises de restauration collective qui soumissionnent pour des contrats. Selon l'organisation syndicale, le personnel du Catering, mis à disposition au sein des institutions européennes (Parlement, Commission, Conseil des ministres) par les différents acteurs du Catering (Sodexo, Compass, Unijolly & Ciano), seraient victimes d'appels d'offre discriminatoires. Les responsables de l'Effat estiment que la politique d'octroi des marchés publics par les institutions européennes doit changer pour permettre des conditions de travail décentes et une rémunération équitable pour les travailleurs et travailleuses de la restauration collective. « Il est grand temps que les institutions européennes appliquent les règles relatives aux marchés publics qu'elles viennent d'adopter, à savoir que les pouvoirs adjudicateurs se fondent pour attribuer des marchés publics sur l'offre économiquement la plus avantageuse, en tenant compte des critères qualitatifs, environnementaux et sociaux », affirme Kerstin Howald, responsable du secteur à l'Effat.

MISE EN CONCURRENCE EXACERBÉE

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Pour se faire entendre des instances européennes et sensibiliser les travailleurs et le public, les syndicats européens de l'alimentation ont organisé journées d'actions et distribution de tracts dans les institutions européennes. Ils ont également appelé l'UE à appuyer les revendications pour des conditions de travail décentes et une rémunération équitable des travailleurs de la restauration collective. Ils estiment qu'au moment de l'octroi d'un marché, tous les critères de pondération doivent être pesés par les dirigeants européens, lesquels devraient prendre en compte non pas seulement la question du prix mais également toute une série de paramètres (avec une telle offre, le prestataire a-t-il les moyens de respecter les conditions contractuelles de l'appel d'offre ? De respecter les conditions sociales du personnel concerné par le transfert ? De maintenir l'emploi dans les mêmes conditions ? D'avoir une structure permettant une organisation de travail performante ? De convaincre les institutions européennes d'investir dans de nouvelles infrastructures et du matériel adéquat ? De faire face aux pénalités qui mettent encore plus de pression sur les travailleurs ?...).

Dernier exemple en date cité par les syndicats : l'appel d'offre de la Commission européenne qui a pris la décision de scinder un contrat entre trois prestataires (Compass, Unijolly et Ciano) et mettre ainsi en concurrence ces sociétés avec des prix de vente différents. « De par cette politique d'octroi de marché public, l'Europe et ses décideurs prennent en quelque sorte en otage des travailleurs qui ont besoin de travailler pour un salaire de misère en comparaison avec les fonctionnaires européens (+/-1.200 euros net par mois pour un travailleur à temps plein) sans parler de la majeure partie des travailleurs du catering, qui sont des femmes sous contrat à temps partiel (une rémunération nette de +/-750 euros). Les responsables de l'Effat interpellent donc les institutions européennes au sujet de leur comportement vis-à-vis des travailleurs de la restauration collective et déplorent que celles-ci ne tiennent compte que du prix le plus bas au détriment du respect des travailleurs de la restauration collective qui sont devenus « les victimes de la concurrence entre entreprises et du comportement impitoyable des clients ». Ils exigent que les institutions lors d'appel d'offre tiennent compte des différents éléments précités et garantissent ainsi que la société choisie pourra assurer l'ensemble de ses obligations tant sociales que financières.