Face à l’inflation alimentaire et à des négociations commerciales difficiles, le gouvernement devrait dévoiler un plan dédié à l’agroalimentaire durant le Salon de l’agriculture. En parallèle, les discussions se poursuivent sur le projet de « panier anti-inflation », mais Bruno Le Maire a ouvert la porte à un abandon.
À l’occasion d’une conférence de presse le 22 février, Marc Fesneau a indiqué qu’un plan de soutien à l’industrie agroalimentaire devrait être présenté durant le Salon de l’agriculture, pour aider les entreprises à supporter l’inflation des matières premières, notamment agricoles. « Le président en dira un mot », a glissé le ministre de l’Agriculture. Début janvier, le ministre de l’Industrie Roland Lescure avait indiqué au magazine L’Usine nouvelle, qu’il travaillait sur un plan de soutien spécifique pour l’agroalimentaire pour l’aider à supporter l’inflation de l’énergie. C’est le résultat de ces travaux qui sera dévoilé, les montants en jeu ne sont pas encore connus, indique-t-on Rue de Varenne.
Il aurait pu s’agir d’une compensation du « panier anti-inflation », car cette mesure attendue pour le mois de mars risquait de faire augmenter la pression sur les industriels. Depuis, ce dispositif de produits à prix coûtant imaginé en janvier par la ministre du Commerce Olivia Grégoire est très décrié. Tant par l’industrie agroalimentaire que par le secteur agricole, ou même l’UFC-Que Choisir.
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Jusqu’au 15 mars pour décider
Finalement, il semble aujourd’hui en suspens. Dans un entretien à BFM TV, le 20 février, Bruno Le Maire a laissé la porte ouverte à un abandon : « Ce sera ce que les distributeurs trouveront de plus utile et de plus efficace », a-t-il déclaré, quelques jours avant des discussions sur l’inflation alimentaire avec les distributeurs. Et d’ajouter : « Je ne sais pas si ce sera un panier-anti inflation ». Pour l’heure, seuls Lidl et Super U avaient mis en place le dispositif.
« J’ai fixé le 15 mars comme date limite pour trouver ensemble une solution opérationnelle sur cette augmentation des prix alimentaires », a précisé Bruno Le Maire. En conférence de presse le lendemain, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert s’est « réjouie que le panier anti-inflation ait été rejeté, y compris par la distribution », revendiquant « d’y avoir contribué », notamment au travers d’une lettre ouverte adressée le 9 février aux dirigeants de Carrefour. Le syndicat majoritaire continue de pousser pour la mise en place d’un chèque alimentaire à l’attention des foyers les plus pauvres.