La consommation fléchit, la menace de sanctions chinoises ou américaines plane, les coûts de production restent élevés, la dissolution de l’Assemblée crée des incertitudes : les fabricants de spiritueux ont indiqué, le 13 juin, s’attendre à une nouvelle année difficile. À la maison, au bar comme à l’étranger, les ventes ont continué à se tasser en 2023, selon la FFS. En grande distribution, elles ont reculé pour la troisième année de suite (-4,3 % en volume). Dans les cafés, hôtels et restaurants, la consommation est repartie à la baisse (-2 %) après le rebond post-Covid-19. Et la tendance reste la même début 2024. La chute a été encore plus brutale à l’export (-13,2 %), où part environ 50 % de la production française. Les fabricants ont peu augmenté leurs prix (+4 % en GMS), mais les spiritueux sont victimes d’arbitrages du consommateur.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Concernant la situation politique en France, l’organisation exprime un « besoin de visibilité, de stabilité », en évoquant notamment la fiscalité. « Les risques ont rarement été aussi élevés et aussi variés pour le secteur », souligne le d.g. Thomas Gauthier. Et de plaider aussi pour une simplification administrative, l’harmonisation des règles au niveau européen et des relations commerciales plus équilibrées avec les distributeurs. Le secteur craint par ailleurs la multiplication des « épées de Damoclès » pouvant ébranler les exportations, entre une enquête chinoise visant les eaux-de-vie européennes et les présidentielles américaines, après lesquelles pourraient revenir des sanctions contre des spiritueux européens. Ces éventuels accrocs s’ajoutent aux coups durs des dernières années (dont l’explosion des coûts du verre ou des produits agricoles) et à la tendance confirmée d’une baisse de la consommation de spiritueux en France, notamment parmi les jeunes.