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Spiritueux : situation « dégradée », inflation et recul à l’export

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Le secteur des spiritueux connaît une situation « dégradée », d’après sa fédération qui pointe l’inflation et un retournement en 2023 du marché à l’exportation.

« La situation économique tend à se dégrader », a déclaré le président de la FFS Jean-Pierre Cointreau, en conférence de presse le 20 juin. Deux voyants sont au rouge pour les spiritueux : « Il y a une baisse des ventes en GMS » et « l’export subit un retrait important depuis le début de l’année ». Cela marque un changement de tendance. L’année 2022 a, certes, été positive côté exportations, les ventes ayant grimpé à 5,4 milliards d’euros (+11,7 %). Les volumes commercialisés en CHR (cafés, hôtels, restaurants, discothèques) ont retrouvé leur niveau d’avant-Covid, à 20,1 millions de litres (+51,8 %). Mais côté grande distribution, les ventes sont tombées à 5,2 milliards d’euros (-4,4 %), soit une deuxième baisse d’affilée. Whishies (-7,2 % en volume) et anisés (-4,9 %) sont à la peine, à l’inverse des alcools blancs (gin : +25 % sur deux ans, vodka : +10 %). « Nous avons commencé à voir des arbitrages chez les consommateurs en septembre », a indiqué le directeur général Thomas Gauthier. En cause, l’inflation qui représente en mai 7,4 % pour les spiritueux et champagne (en glissement annuel). La FFS dresse une longue liste des coûts de production encore en hausse début 2023 (verre : +20 % à +40 % ; sucre et alcool : +20 % à +30 %, gaz : +5 % à +30 %, transport : jusqu’à +15 %, etc.).

Difficile répercussion des coûts

« Des augmentations du prix de revient que l’on n’a pas réussi à répercuter » aux clients, a souligné Jean-Pierre Cointreau. Une enquête CPME-FFS permet d’évaluer les difficultés. 63 % des entreprises estiment que l’inflation entraîne une augmentation de 10 % à 50 % du prix de revient. Seulement 11 % sont parvenues à répercuter en intégralité ces hausses lors des négociations avec la grande distribution, achevées au 1er mars. L’impact est fort sur le plan comptable. Un tiers des entreprises ont déclaré un résultat négatif en 2022. Loin de s’améliorer, la situation a empiré au premier semestre 2023. 60 % voient une dégradation de leur trésorerie sur la période. Le chiffre d’affaires est lui en retrait pour 43 % des entreprises.

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Un pilier du secteur, le marché export, semble fragilisé. Les derniers chiffres des douanes le montrent. Sur les trois premiers mois de l’année, les expéditions à l’international affichent un recul de 20 % en volume. Elles évoluent moins fortement en valeur (-11 %), en lien avec l’inflation. Pour expliquer cette mauvaise tendance, deux raisons sont mises en avant. Les clients ont fini de reconstituer leurs stocks après le Covid, estime Jean-Pierre Cointreau. Aux États-Unis, l’administration en a terminé avec la « monnaie hélicoptère », ces chèques distribués pour soutenir l’économie, poursuit-il.

L’export affiche -20 % en volume au 1er trimestre 2023