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Conserverie St Mamet se convertit au commerce équitable Nord-Nord

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St Mamet a contractualisé avec la coopérative Conserve Gard pour confectionner des produits transformés équitables qui seront proposés sous sa marque, mais aussi sous "la Marque du consommateur". La nouvelle usine de Vauvert a commencé sa production en juillet et permet aussi de fabriquer des produits moins sucrés.

Après le lait, le jus de pomme et la pizza, C’est qui le patron lance sa compote. « La Marque du consommateur nous a retenus pour fabriquer la compote qui sera proposée chez Carrefour à partir du mois de décembre », a annoncé Matthieu Lambeaux, le p.-d.g. de St Mamet, à l’occasion d’un point presse le 29 septembre. Cette nouvelle référence (boîte métal de 850 gr et pots plastiques 4x95 gr) sera confectionnée dans l’usine gardoise de St Mamet, et issus de pommes produites dans le cadre d’un contrat liant la conserverie avec sa coopérative Conserve Gard. « Le contrat répond à la définition du commerce équitable qu’en donne la loi Hamon de 2014 sur l’économie sociale et solidaire », souligne le p.-d.g. de la conserverie. En clair, il s’agit d’un contrat sur une période de vingt ans, prévoyant une rémunération juste et équitable, avec une revalorisation du prix des pommes de 5 % dès 2018, et comprenant un soutien à la replantation de 500 ha de verger pour la poire, la pêche, l’abricot et la pomme, et à la conversion en agriculture biologique. Pour la première période de trois ans, le prix des pommes a été arrêté à 250 euros la tonne.

À partir de fruits équitables français du Sud

Le contrat liant la conserverie et la coopérative permet aussi à St Mamet de faire apparaître à partir de janvier 2018 un logo développé en interne portant la mention « Fruits équitables français du Sud » pour ses produits réalisés à partir de fruits locaux. Cette évolution s’inscrit dans une démarche plus large entamée il y a plusieurs mois visant à renforcer l’image locale des produits. La photo des producteurs sur les emballages procède de la même logique.

La naturalité, autre axe de développement de la marque, est illustrée par les nouveaux produits lancés dans les prochains mois. « Nous voulons profondément renouveler la catégorie des fruits au sirop avec des produits sans sucres ajoutés », explique Matthieu Lambeaux. St Mamet proposera ainsi bientôt des pêches-poires en tranches sans sucre ajouté, confectionné chez un sous-traitant espagnol et présenté en bocal PET.

Mais c’est sur son nouvel outil que St Mamet va surtout s’appuyer pour lancer, au printemps 2018, des conserves (boîtes métalliques) de pêches, poires et cocktails de fruits, à chaque fois avec la mention « avec leur jus naturel ». "Cela est aujourd’hui possible sur le site de Vauvers grâce à la nouvelle technologie dont nous nous sommes dotés », explique le p.-d.g. Appelée Fruit Natural Process, cette technique permet de supprimer la circulation des fruits pelés dans un courant d’eau au profit d’un tapis roulant, ce qui permet moins de pertes de jus de fruits (un laps de temps de 6 minutes seulement entre l’arrivé du fruit et sa mise en boîte) et donc moins d’ajout de sirop de glucose.

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15 millions d’euros investis

Le nouvel équipement a permis aussi des gains d’énergie et des économies d’eau de 30 % pour une capacité totale de production de 25 000 tonnes par an. Le financement (15 millions d’euros) a été possible grâce aux fonds apportés par les actionnaires, à des prêts bancaires et à 800 000 euros de la région Occitanie (fonds Feader). Les partenaires ont aussi été mis à contribution : le fabricant d’équipement loue le matériel à St Mamet et la coopérative Conserve Gard a apporté du matériel à l’usine.

St Mamet va poursuivre ses efforts en se concentrant à l’avenir sur l’approvisionnement en fruits locaux, la fabrication en France, les filières équitables et la naturalité. Mais le p.-d.g. reconnaît des difficultés, notamment avec la restauration scolaire où l'impératif du prix bas prime toujours. L’entreprise, en difficulté lors de sa reprise, a réalisé un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros sur l’exercice 2016-2017 (clos le 30 juin), stable par rapport à l’année précédente. Le résultat net est en retrait d’un million d’euros, mais les dirigeants visent un résultat net positif à la fin de l’exercice en cours.

Lait : C'est qui le patron chez Monoprix et Carrefour

Les initiateurs de la marque de lait équitable "C'est qui le patron?!" (22 millions de litres de lait vendus en moins d'un an) ont annoncé le 2 octobre que leur initiative avait connu deux nouveaux succès en devenant fournisseur de lait sous marque distributeur (MDD) chez Monoprix et Carrefour. Les représentants de "C'est qui le Patron ?!" ont été reçus le 2 octobre par la conseillère agriculture du président Emmanuelle Macron, Audrey Bourolleau. Ils lui ont annoncé que le groupe Monoprix avait décidé de passer tout son lait de marque de distributeur (MDD) en lait équitable, avec le lait des producteurs suivant le cahier des charges "C'est qui le patron?!". Ils ont aussi indiqué que Carrefour allait introduire ce lait dans deux de ses produits MDD: les yaourts natures et le fromage blanc. Monoprix vend 15 millions de litres de lait MDD par an et les yaourts et fromages blancs MDD de Carrefour représentent 8 millions de litres de lait par an. «La raison d'être d'un distributeur n'est pas de proposer des produits moins cher mais des produits de qualité au meilleur rapport qualité/prix», a commenté Régis Schultz, président de Monoprix.