Ce n’est sans doute pas sans raison que la notion de statut de l’agriculteur a fait son retour depuis quelques mois et notamment depuis son échec au moment du vote de la loi d’avenir agricole. Alors que toute régulation est en train de disparaître, que de nouveaux acteurs et des capitaux extérieurs veulent entrer dans la production agricole, ses tenants « classiques », pourrait-on dire, cherchent une forme de protection, de reconnaissance. Qui est agriculteur ? Qui ne l’est pas ? Un peu comme cette règle qui veut qu’un appartement loué soit occupé « en bon père de famille ». Au fond, le statut peut jouer un certain rôle de régulation, économique, sociale, juridique au moment même où cette régulation fait de plus en plus défaut.
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Il ne faudrait pas pour autant que cela aboutisse à un cloisonnement corporatiste. Le statut n’a de sens que s’il permet des entrants et s’il provoque des sortants. Les rédacteurs de ce type de règle doivent prendre garde à ne rien figer. Sans doute devront-ils, par exemple, distinguer entre le problème des capitaux et celui des hommes. Ne pas empêcher que de nouveaux venus, y compris étrangers, bénéficient aussi de ce qui reste de la politique agricole commune afin de préserver une égalité de traitement. Le statut doit concerner un comportement plus qu’un état. À l’heure où tous les métiers protégés s’ouvrent à de nouvelles concurrences (les taxis par exemple) il serait paradoxal de vouloir élever une muraille de Chine pour protéger l’agriculture en pleine mondialisation.