Stef-TFE vient d’investir 22 millions d’euros pour construire sa plus importante plate-forme multi-produits, multi-services et tri-température. A Los Olivos (20 km de Madrid), ce site de 17 000 m2, ouvert depuis juin, gèrera cette année en flux tendus 200 000 tonnes de produits frais et 75 000 tonnes de surgelés, exclusivement pour Carrefour, premier distributeur dans la péninsule ibérique. Via sa filiale SDF (136 millions d’euros de chiffre d’affaires), le leader européen de la logistique du froid se renforce sur un marché jugé « très prometteur » par ses dirigeants.
Sur la façade du bâtiment, un néon géant « Carrefour » côtoie le sigle Stef-TFE. A juste titre. C’est exclusivement pour approvisionner le distributeur français que le leader européen de la logistique du froid a fait sortir de terre l’entrepôt de Los Olivos. Situé à 20 kilomètres au sud de Madrid, cette plate-forme logistique multi-produits et multi-services est également le plus important site du transporteur aux anneaux bleus. Chiffre record dans l’histoire du groupe, Stef-TFE a déboursé 22 millions d’euros (8 pour le terrain, 14 pour les bâtiments) pour que ce projet d’envergure se concrétise. Un investissement de taille pour un client qui ne l’est pas moins. Premier distributeur dans la péninsule ibérique, Carrefour y a réalisé en 2004 près de 9 670 millions d’euros de chiffre d’affaires à travers ses 278 points de vente. Cette année, 200 000 tonnes de produits frais et 75 000 tonnes de surgelés devraient être réceptionnés puis réexpédiés 24h/24 et 365 jours par an via ses 66 portes, en direction du nord et du sud du pays pour les premiers, et vers plus de 130 magasins à travers l’Espagne et le Portugal pour les seconds.
Des commandes pour « Carrefour Online »
Sur ses 17 000 m2, les 370 employés du site peuvent passer successivement de –25° à +8° selon les zones (frais, surgelés, produits de la mer, fruits et légumes) où ils préparent chaque jour 1 000 tonnes de commandes. Des opérations réalisées en radiofréquence –à l’exception des surgelés-, grâce aux imposants bracelets qu’ils portent par-dessus leur combinaison bleue. Depuis l’ouverture en juin dernier, après des délais de réalisation records (11 mois), tout est ainsi géré en flux tendu. La plate-forme tournera à plein d’ici deux mois. Actuellement à 80 % de son taux de charge, elle devrait accueillir d’ici peu les produits ultra-frais… et a débuté le 21 février les premières préparations de commandes pour Carrefour Online, site d’achat en ligne de Carrefour Espagne, directement à destination du consommateur. Une activité qui illustre le caractère « multi-fonction » du site mais reste une « expérimentation » et « requiert une logistique très particulière », selon Jean-Charles Fromage, président de SDF, filiale espagnole de Stef-TFE.
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Quatrième plate-forme madrilène
A titre de comparaison, « une plate-forme coûte en moyenne 12 à 14 millions d’euros pour une surface deux fois plus petite », indique Gaston Santos, directeur financier et administratif de SDF. Avec ce nouvel investissement conséquent, qui vient s’ajouter aux trois autres plate-forme de SDF installées dans la région madrilène (deux à Torrejon et une à Alcala), Stef-TFE se renforce considérablement dans la Péninsule, où il est implanté depuis le début des années 1990 (voir ci-contre) et compte dorénavant une quinzaine de sites. « Entre 2003 et 2005, le groupe y a investi environ 50 millions d’euros », précise Gaston Santos. « C’est un pays prometteur, où nous tenons une positions significative dans le surgelé », affirme pour sa part Francis Lemor, p.-d.g. du groupe.
Priorité à l’ouest
Même si la consommation y a encore augmenté de 5%, le choix de déployer autant d’efforts dans cette région peut sembler à contre-courant du développement de la grande distribution dans les pays de l’Est de l’Europe. « Il faut faire des arbitrages et nous avons décidé de nous concentrer à l’Ouest », explique Francis Lemor. Elément déterminant : Stef-TFE s’impose d’être propriétaire du lieu où il s’installe. « C’est un atout essentiel et une garantie d’indépendance, argumente le dirigeant. Avoir des terrains à disposition pour construire est stratégique : nous pouvons ainsi être réactifs face à la demande de nos clients. » D’où l’importance du montant de chaque investissement. Le groupe se contente donc pour l’instant de partenariats avec des acteurs locaux en Pologne, en Allemagne, en Lituanie ou au Danemark. Les 150 millions (10% de son chiffre d’affaires) que la société va investir cette année devraient être notamment dirigés vers l’Italie et les sites « mono-actifs et peu efficients » de Cavalieri, absorbé en décembre dernier cf. Agra alimentation n°1916, du 9 février, p. 40.. A Los Olivos, le nécessaire a été fait pour un moment : sous contrat avec Carrefour pour les cinq années à venir, « le site peut encore absorber 2 fois plus de flux en augmentant la rotation des surfaces », estime Stéphane Bozon, responsable de la plate-forme.