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Poulet export Stéphane Le Foll estime que la filière grand export se redresse

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En visite au Space, le ministre de l'Agriculture a estimé que la filière poulet grand export se redresse, en particulier la situation du leader Doux, malgré l'arrêt des restitutions. Une analyse qui a fait réagir le dirigeant de l'autre acteur du grand export, Tilly-Sabco, pour qui la filière grand export n'est pas pérenne sans restitution. Principal fournisseur du volailler Doux, la coopérative UKL prévoit une relance de sa production à destination du grand export.

À l'occasion de sa visite au Space, le salon international de l'élevage à Rennes, le 16 septembre, le ministre s'est voulu rassurant sur la santé de la filière poulet grand export, estimant qu'elle était « en train de se réhabiliter, et sans restitutions ». Le ministre de l'Agriculture s'est félicité des résultats en amélioration chez Doux, estimant qu'il « fallait redresser l'opérateur le plus important pour permettre à cette filière de trouver les voies de son développement ». « Doux a un cash flow positif, alors que, quand je suis arrivé, c'était la liquidation », a-t-il également déclaré. Le même jour, dans une déclaration diffusée à la presse, le président de Coop de France, Philippe Mangin, s'est également montré optimiste au sujet de Doux. Reprenant des données transmises par celui-ci, il estime que l'entreprise connaîtrait un « redressement spectaculaire », avec un endettement réduit des trois-quarts. Selon Philippe Mangin, « le groupe Doux est aujourd'hui rentable sur ses deux activités, export et produits élaborés et ce malgré l'arrêt total des subventions européennes » « Il est ainsi démontré que l'entreprise peut réaliser, dans ce secteur d'activité, des cash flow positifs, un résultat positif sans aucune subvention ».

Pas d'avenir sans restitution selon D.Sauvaget

Autant de déclarations qui ont provoqué une vive réaction du dirigeant de Tilly-Sabco, Daniel Sauvaget, dont l'entreprise a prévu un comité d'entreprise extraordinaire le 22 septembre au sujet de « l'ouverture d'une procédure de conciliation ou sur constatation d'une situation de cessation de paiement ». Depuis l'arrêt des restitutions, il y a un an, les deux entreprises françaises du poulet grand export n'ont pas la même vision de la situation. Le dirigeant de Tilly-Sabco, Daniel Sauvaget, dans une déclaration faisant suite aux propos plutôt optimistes du ministre de l'Agriculture, a de nouveau exposé son analyse. Pour lui, il n'est pas possible de pérenniser la filière volaille grand-export sans un système qui se substituerait aux restitutions (subventions à l'exportation). Il manque selon lui 300 euros la tonne pour être compétitif sur le poulet destiné au Moyen Orient.

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UKL prévoit d'augmenter ses livraisons chez Doux

Principal fournisseur du volailler Doux, la coopérative avicole UKL, basée à Languidic (56), prévoit de faire passer ses livraisons vers Doux, de 400 000 à 650 000 poulets par semaine, a annoncé, le 15 septembre, son nouveau directeur, nommé en avril, Bertrand Piens. La coopérative est sortie en juillet d'une procédure de conciliation débutée au printemps, et recrute aujourd'hui de nouveaux éleveurs, après en avoir perdu une cinquantaine ces derniers mois. Les délais de paiement des éleveurs, contractuellement de cinq semaines après livraison, étaient passés à 15 semaines. Ils sont aujourd'hui de 8 semaines. « UKL a eu des difficultés mais se redresse grâce au soutien financier des banques et de son partenaire Doux », a conclu le directeur.