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Stratégie Stéphane Le Foll, expert es-communication

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Le ministre de l’Agriculture multiplie les percées dans les médias, quand bien même il ne s’agit pas de parler d’agriculture : deux fois plus d’articles lui seraient consacrés, par rapport à son prédécesseur, Bruno Le Maire. En voici un de plus.

Depuis son arrivée au gouvernement, il a été mentionné dans 16 089 articles de la presse grand public, les presses quotidiennes nationale et régionale, la presse hebdomadaire régionale, la presse technique et professionnelle, la presse légale et les fils d’agence, selon une étude à partir de la plateforme de presse PressEDD. Plus précisément, 1 221 articles ont repris ses citations en 13 mois. Et plus précisément encore, 101 articles lui ont été spécifiquement consacrés, quand bien même son prédécesseur, alors en campagne présidentielle – et loin d’être silencieux -, en comptait 64, sa dernière année. Stéphane Le Foll occupe l’espace médiatique. Il est un ministre visible, que le public, désormais, connaît. Ses forces : physiquement repérable – d’ailleurs parfois pris, naguère, à son insu, pour le garde du corps de François Hollande quand il était premier secrétaire du Parti socialiste –, il est aussi redevenu le premier conseiller du chef de l’Etat. Un lien permanent, à raison de visites et de dîners réguliers, une liberté de ton, une habileté pour la communication. Son ancrage rural, qu’il aime à souligner, lui confère aussi ce supplément de normalité, si cher à son président et aux Français d'autant plus enclins à la méfiance depuis l'affaire Cahuzac. François Hollande demandera à Stéphane Le Foll d’intervenir plus généralement et fréquemment à partir de cet événement.

Un avis sur tout

Tous ces éléments militent pour le tenir sous les feux de la rampe, alimentés dernièrement par le spectre d’un cabinet noir lancé contre Nicolas Sarkozy et dont celui-ci imputerait la paternité à Stéphane Le Foll. Pas besoin, dans ce cas, de gourou de la communication. Antoine Bouley, à ses côtés à l’origine, a finalement quitté le ministère pour la BPI. À moins que l’Elysée lui prête parfois main forte, si tant est qu’il en ait besoin. Stéphane Le Foll est à la mode. Ses interventions, sur le décès de Georges Moustaki, la retraite, l’agression de touristes chinois, etc., dynamisent sans nul doute son action. Encore que, l’écart est étroit entre agitation et efficacité réelle. Ses percées hors des sillons agricoles parfois en effet agacent, et donnent lieu à tous les commentaires : pour les plus sympathiques, « il est fatigué », pour les autres « il a oublié l’agriculture ». Xavier Beulin, le président de la FNSEA lui a reproché, le 20 juin, sur Europe 1, sa faible implication générale dans l’agriculture. Il trouve que « son » ministre s’éparpille un peu trop. « Ce qui me surprend parfois, ce sont ses prises de paroles. Il s’exprime moins sur l’agriculture que sur d’autres sujets. Nous attendons qu’il soit un peu plus impliqué sur la sphère agricole », a-t-il déclaré, confiant, toutefois, que Stéphane Le Foll avait « énormément de qualités ». S’il était nommé porte-parole du gouvernement, il s’agirait en tout cas d’une première pour un ministre de l’Agriculture.

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