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Stéphane Le Foll justifie l'agroécologie  par le prix élevé du foncier européen

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Lors du débat organisé par l'Association française des journalistes agricoles (AFJA), à l'occasion de la remise du Grand Prix AFJA du journalisme agricole, le 22 janvier, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a justifié l'agroécologie par le prix élevé du foncier dans les pays européens. Ce prix élevé nécessite un haut niveau de rendements, qui pour être supportable sur le plan de l'environnement, appelle un haut niveau de technicité des pratiques d'agroécologie, a-t-il expliqué.

« Le foncier en Europe est très cher. On a besoin d'avoir de hauts niveaux de rendements. C'est pour cela qu'il faut développer l'agroécologie ». Le ministre de l'Agriculture a démontré, lors du débat annuel avec l'AFJA, que la France, et l'Europe en général, ont intérêt à approfondir leur expertise dans l'agroécologie, pour tenir dans la compétition mondiale sans rendre l'environnement invivable.

« L'Europe a une expertise à faire valoir dans le monde »

« Notre objectif est qu'il n'y ait plus de sol nu l'hiver », par un couvert végétal à la morte saison, pour éviter le lessivage des fertilisants nitratés, source de pollution et perte sèche pour les agriculteurs. Il est ainsi « absurde que la Bretagne achète un tiers de son azote » sous forme d'engrais nitratés, alors qu'elle est excédentaire en azote.

De même « il faut une rotation des cultures », pour briser la pression parasitaire et développer la biodiversité de la flore, de la faune et des micro-organismes.

Non seulement « nous aurons un atout à produire avec moins d'espace », atout de compétitivité, mais aussi « l'Europe aura une expertise à faire valoir dans le monde ».

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Le raisonnement du ministre concernant l'élevage est analogue : il existe des solutions pour que les élevages produisent autant d'énergie qu'ils en consomment. « Un bâtiment d'élevage qui consomme moins d'énergie, c'est un bâtiment plus compétitif ». Le bénéfice tiré d'une meilleure performance énergétique de l'agriculture s'élèverait à 200 millions d'euros par an en France, a-t-il ajouté.

Derrière la méthanisation, l'enjeu stratégique de l'hydrogène

De plus, derrière la méthanisation, qui évite la dissémination de méthane, gaz à effet de serre au pouvoir réchauffant 14 fois plus élevé que le CO2, se profile un enjeu stratégique, celui de l'hydrogène. « Demain des tracteurs et des voitures rouleront à l'hydrogène », dont une partie pourra être tirée du méthane. « Je veux que l'on commence à construire ces filières », a-t-il insisté.

Le débat annuel de l'AFJA avec le ministre s'est porté aussi sur la Pac. À ce propos, Stéphane Le Foll a voulu réfuter la thèse selon laquelle la Pac serait de moins en moins commune du fait d'une rationalisation des politiques. « La Pac n'est pas de moins en moins commune. Comme elle est ambitieuse, il a fallu mettre en œuvre de la subsidiarité ». Un exemple en est l'augmentation de la dose de recouplage des aides. « Avec un niveau d'aides uniformes, on aurait une hyperspécialisation des régions, du fait des avantages comparatifs », certaines régions d'Europe tirant mieux leur épingle du jeu que d'autres, chacune dans leur domaine.

Les deux lauréats du Grand Prix

Le grand prix AFJA du journalisme agricole a été remis par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, à deux journalistes ex æquo. Ces deux lauréats sont Aude Boilley pour son article « Huit jours avec… les agriculteurs en détresse »  paru dans le journal Sud-Ouest en février 2012. Et Yannick Curt, pour son article « 1000 vaches, le projet qui fâche » paru dans le journal La Terre en juillet 2012. Yannick Curt est désormais journaliste à AgraPresse.