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Crise porcine Stéphane Le Foll pousse la filière porcine à contractualiser

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Le ministre a lancé un Appel à manifestation d'intérêt pour des entreprises qui souhaiteraient se lancer dans la contractualisation dans la filière porcine. Il a aussi annoncé des mesures fiscales incitatives à la création de caisses de sécurisation pour les entreprises qui contractualisent. Et un guide de bonnes pratiques devrait être publié d'ici un mois. Il plaide notamment pour la création de contrats tripartites, incluant la grande distribution.

Un peu plus de trois mois après que la Fédération nationale porcine (FNP) a ouvert, à l'occasion de son assemblée générale, le chantier de la contractualisation dans la filière porcine, l'idée y fait lentement son chemin. Certes, aucun contrat n'a été présenté à l'occasion du Space de Rennes alors que plusieurs y étaient attendus, notamment de la part de SVA Jean Rozé, qui s'y était engagé en juin dernier. Mais l'expérience de Syproporc avec Herta, dont on sait encore peu de choses, est, aux dires du groupement, déjà une réussite. Par ailleurs la Fict travaille de son côté sur un contrat de livraison différée, et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll plaide pour que les initiatives se multiplient. « Ce n'est pas le ministre qui va contractualiser », a-t-il lancé, lors d'une conférence de presse, le 23 septembre, en réponse au président de la FNSEA Xavier Beulin, qui expliquait devant le Sénat la veille, que l'on « a pas besoin du ou des ministres pour établir des contrats et des prix ».

Le ministre plaide pour des contrats tripartites

Le ministre estime cependant que son rôle tient dans la « mise en place des outils » de la contractualisation. À ce titre, il a annoncé l'élaboration de « conditions fiscales avantageuses » à la création de caisses de sécurisation, réservées aux entreprises qui contractualisent. Le contour des contrats éligibles n'est pas encore connu : « On est sur des contrats qui dépassent le mois », explique le ministre. Il pourra s'agir de contrats de livraison physique ou sans livraison, comme le Swap de Syproporcs. Ces caisses permettront, selon le ministre « de partager le risque lié aux fluctuations de marché (de l'aliment à la pièce de découpe) ». Ces caisses sont compatibles avec des contrats tripartites, producteur-industriel-grande distribution, le modèle que promeut le ministère. Ces dispositions fiscales devraient être également mises en place « d'ici une semaine quinze jours » en filière bovine, a annoncé le ministre.

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Appel à manifestation d'intérêt

Le ministre a par ailleurs lancé « un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour la mise en place de contrats » dans la filière porcine – l'AMI est un dispositif public de financement de projets innovants. Un questionnaire sera adressé à tous les acteurs de la filière, pour « recenser les attentes, identifier les freins, leviers, préalables, expériences réussies » en la matière. Un « guide des bonnes pratiques » sera réalisé à partir des réponses de la filière, qui sera rendu dans un mois. « Il faut qu'on explore de nouvelles formes d'organisations », a plaidé le ministre. Selon lui, la filière française doit sortir de la « stratégie low cost », être plus à même de « cibler des niches, des demandes spécifiques d'industriels ou des marchés à l'exportation ». À ce sujet, le ministre s'en d'ailleurs est pris aux groupements de producteurs : « Ceux qui dans les groupements de producteurs ne pensent pas comme ça font une erreur colossale pour les producteurs ». Et de conclure : « Il n'y a pas un seul prix pour tout le monde. Il y aura des prix différents mais une valorisation et une sécurisation pour tout le monde ».